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LE THEÂTRE AU SERVICE DE LA PAIX. LE TÔTEM DU THEÂTRE SÉNÉGALAIS

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Son Excellence Monsieur Le président de la République Maître Abdoulaye WADE en présence du Ministre de la Culture Monsieur Amadou Tidiane Wane Accueillant Le Directeur de la Cie les Gueules Tapées pour le sénégal qui gagne

La Présidence soutient Les Gueules Tapées
 
22 août 2008 5 22 /08 /août /2008 17:03

Sénégal : « Le théâtre Sénégalais est ... »

Comédien, metteur en scène, dramaturge, Directeur de compagnies, Directeur de festival, autant de casquettes pour une seule passion : le théâtre. Sourire éclatant, rire facile et communicateur, Macodou est un personnage attachant. Autant il est jovial, autant il est grave quand il parle du théâtre. Il respire le théâtre. Il vit le théâtre. Il assène ses convictions sans concessions. La vie elle-même est un théâtre d'ombres que Macodou essaie de mettre en lumière.


La Sentinelle
 : vous faites partie d'une génération de comédiens qui, dans les années 95 a apporté un nouveau souffle au théâtre Sénégalais. Quel était le contexte ? Comment est née la compagnie « Les Gueules tapées » ?

Macodou Mbengue : La compagnie « Les Gueules tapées » est née du regroupement de deux pionnières de la nouvelle génération après la réouverture de la section d'Art dramatique en 1989/1990 qui était fermée pendant dix ans avec les politiques d'ajustement structurel. Après notre sortie de l'école, nous avons décidé de ne pas aller au théâtre Daniel Sorano. Nous avions envie de faire une autre forme de théâtre plus proche des populations. C'est ainsi que nous avons formé la compagnie « Les Gueules tapées » avec la première et la deuxième promotion sorties de l'école en 1994 et 95. L'aventure a commencé avec « la bande des 5 » qui avait bénéficié d'une bourse de stage au Conservatoire Royal de Liège en Belgique. A la même époque nous avions fait un stage avec deux professeurs Belges au niveau de la coopération, sur le jeu farcesque et les masques grotesques. Nous avons travaillé cette forme de théâtre et créé la compagnie en 1995. Tout est parti de là...

 

A l'époque nous fréquentions beaucoup le Théâtre Sorano, mais nous avions senti une certaine léthargie dans cette institution. Ce qui se faisait c'était les pièces historiques qui ne nous parlaient pas. C'était une autre époque. Ces pièces parlaient plus à ceux qui ont combattu avant les indépendances pour redorer le blason des peuples Noirs et leurs cultures. C'était bien mais nous n'étions pas de cette génération et nous pensions qu'il y avait aussi une autre forme de théâtre. Il y avait une balance entre le théâtre professionnel et le théâtre populaire. Techniquement, le théâtre professionnel faisait du bon travail mais sur le plan thématiques, le théâtre populaire était plus proche des populations. Nous avons donc voulu mettre ces deux formes de théâtre ensemble ; prendre le meilleur de chaque côté. Au bout nous avions créé un cadre avec ce que nous appelions : « chronique humoristique de la vie quotidienne et de la presse Sénégalaise », une sorte de revue des mutations de la société sénégalaise. Nous n'avions pas un mépris pour ce qui se faisait à l'époque, mais nous voulions faire autre chose ; être plus proches de notre société.

Cette période a été assez riche au niveau de la création des avec les jeunes compagnies, mais il semble que cet élan s'est un peu essoufflé. Que s'est-il passé ?

Les compagnies ont presque toutes disparu. Il y avait une émulation. Quand on sort de l'école, on est jeune et on a envie de faire ses preuves et à consentir des sacrifices inimaginables. C'est ce que nous avions fait. Nous avions tracé un chemin et les « 7 kouss » ont suivi les « Wakhkat », le théâtre de la rue, « le Zénith Art » etc... Il y avait un véritable engouement. Nous avons créé pendant deux à trois ans, quatre à cinq pièces, parce que nous avions rendez-vous avec l'actualité. Et le public attendait à chaque fois ce que les « gueules tapées » leur proposaient. Cette créativité a également poussé les jeunes qui sortaient de l'école à créer des compagnies et d'être sur le terrain. Malheureusement il n'y a pas eu de politique culturelle, pas de politique théâtrale. La section d'Art dramatique a été réouverte mais au bout il n'y avait rien. Ces jeunes qui ont été formés à l'école des arts au bout de quatre ans, étaient laissés à eux mêmes. Ce qui est déplorable puisque la plupart est allée faire autre chose que du théâtre. Je suis désolé de le dire mais il n'y a aucune politique pour le théâtre. Seuls les plus téméraires sont restés, mais le gros de la troupe est parti.

Comment arrivez-vous à financer vos créations ? Bénéficiez-vous de subvention de l'Etat ?

Nous recevons des subventions de l'Etat, mais qui ne couvrent pas nos besoins. Une création demande beaucoup d'argent, au minimum dix millions, même si c'est une petite création. Nous somme obligés d'aller chercher l'argent ailleurs. Aujourd'hui, 90% du budget de nos créations sont financés par des partenaires extérieurs comme la Francophonie, Africalia, etc... Ici, c'est la Fondation Sonatel et la Présidence qui nous aident un peu quand nous voulons monter des projets. Il est vrai que les « Gueules Tapées » ont fait leurs preuves à l'époque, notamment à l'étranger, nous avons gagné des prix et avons été reçus par le président de la République. Nous avons une certaine notoriété qui nous permet d'avoir un peu d'argent avec nos créations. Mais les autres ? Il ne s'agit pas seulement d'aider un groupuscule de comédiens. Le plus important est d'élaborer une politique culturelle, théâtrale qui doit sous-tendre ce que nous faisons et permettre à cet art de se développer et que les artistes en vivent. Il ne peut y avoir dans un pays un seul théâtre institutionnel, comme Sorano. Il n'y a pas de « concurrence » à ce niveau, ce qui fait que forcément le théâtre est mourant.

Donc le théâtre Sénégalais est malade ?

Il agonise parce qu'un malade on le guérit. Non je le répète le théâtre est mourant. Et si on n'y prend garde, dans quelques temps nous allons tous aller vendre du poisson ou autre chose (Rires).

Quelles sont les solutions, s'il y a réellement une politique culturelle, particulièrement pour le théâtre ?

Souvent on nous dit : « vous n'êtes pas organisés. C'est un faux débat. Désolé pour ceux qui le disent, mais nous sommes très bien organisés. Je côtoie des compagnies du monde entier et je sais que nous sommes très structurés de ce point de vue là. Nous sommes des professionnels et nous faisons du bon travail. Le problème est ailleurs : dans tous les pays du monde, le théâtre est subventionné. Pourquoi dans ce pays on subventionne les écrivains à hauteur de 500 millions, la presse, le cinéma au même niveau etc... tout le monde sauf une tranche d'artistes dont les comédiens et leurs compagnies. C'est connu le théâtre n'est pas rentable. C'est comme le football où on met des milliards depuis des années sans résultats. Mais nous nous gagnons. Nous sommes des Sénégalais qui gagnent comme dirait le président Wade. Et nous l'avons prouvé. Mais rien ne suit. Nous recevons quelques subsides de temps à autre pour une manifestation ponctuelle et ça s'arrête là. Ce que nous avons envie de voir au Sénégal, c'est comme ce qui se passe au Burkina où la culture rayonne dans le monde entier parce qu'il y a un dynamisme impulsé par l'Etat et où les artistes ont le cadre pour s'occuper de l'essentiel : créer ! Parce qu'il y a une vraie politique culturelle et le finances suivent. Nous ne demandons pas des centaines de millions mais un environnement favorable pour la création. Et il faut que l'on sache dans ce métier qui est professionnel et qui est amateur. Le véritable problème du théâtre Sénégalais se situe à ce niveau. Il y a un amalgame qui, quelque part arrange les autorités. Que l'on s'entende, je ne parle même pas de la formation dans une école. Un comédien formé sur le tas peut être un excellent professionnel. Les amateurs sont ceux qui ont un autre travail et qui à 18H se retrouvent pour faire du théâtre. Et on nous fait croire que ceux-là sont représentatifs du théâtre Sénégalais. Il y a un problème qu'il faut régler à ce niveau.

Pendant longtemps on a essayé de nous faire croire que le théâtre Sénégalais se limite à ce qui se fait à la télévision. Aujourd'hui ils ont envie de changer mais malheureusement ceux qui font du bon théâtre n'ont pas accès à la télé. C'est le revers de la médaille. Il faut des productions de qualité pour que les Sénégalais puissent avoir ce qui se fait de meilleur par les compatriotes et ce qui est au diapason du théâtre international. Les Ivoiriens et les Burkinabé font du théâtre et du cinéma qui est exportable parce que de qualité et qui est acheté par nos télévisions, alors que les produits Sénégalais actuels sont invendables à l'étranger.

Vous avez initié depuis quelques années le Festart (Festival International du théâtre pour la paix). C'est quoi le Festart et comment est-il né ?

Le Festart est une suite logique de la prolifération des compagnies privées, qui étaient très souvent invitées à jouer à l'étranger. Dans ces rendez-vous, nous nous étions rendu compte que le théâtre africain progressait et que nous nous étions un peu en retard par rapport aux autres pays. Nous avons cherché à comprendre les raisons de ce retard, alors que le théâtre sénégalais, il y a dix ans, vingt ans était en avance sur les autres. Nous avions dormi sur nos lauriers. Alors que les autres en organisant des rencontres internationales, faisaient pratiquement un bond qualitatif sur nous. Imaginez que dans un festival, dix des meilleures compagnies africaines viennent au Sénégal, se produisent pendant dix jours et que chaque compagnie joue deux ou trois fois ; au bout du compte le public Sénégalais aurait vu vingt à trente spectacles. Alors, sans des festivals de ce genre, on peut rester dix ans au Sénégal sans voir autant de pièces de qualité. Et tout le monde sait qu'en termes de formation de public et d'acteurs, il est essentiel que ce qui se fait à l'extérieur soit vu ici et inversement. C'est ainsi que nous avons créé ce festival pour montrer ce qui se fait de mieux au niveau continental et ainsi jauger notre niveau de progression. Nous préparons la 5éme édition du Festart, malheureusement dans un contexte où la plupart des jeunes compagnies ont disparu. C'est la croix et la bannière.

Etes-vous soutenus par l'Etat pour l'organisation de ce festival ?

Oui pour le festival, l'Etat nous a toujours soutenu à hauteur de deux, trois, maximum cinq millions. Mais ça c'est le travail de feu Sékou Cissé qui était Directeur des Arts, qui avait cru au projet dès le début, et qui s'est battu pour que ce festival existe. C'est grâce à lui que nous avons eu la première subvention. C'est l'occasion de lui rendre un grand hommage.

Comment se portent les « Gueules tapées » ?

Les « Gueules tapées » se portent bien, surtout cette année. Il y a des années où nous étions complètement découragés, où j'avais envie de jeter l'éponge et d'aller monnayer mon talent ailleurs, et Dieu sait que je peux le faire. Et des gens me demandent : « pourquoi tu restes au Sénégal ? ». C'est une vielle histoire, une histoire particulière avec le Sénégal. J'ai envie de rester et je vais continuer à rester. J'aime mon pays. Comme disait l'autre : « mon pays ne m'aime pas autant que je l'aime » (Rires). Nous avons fait deux créations cette année, une création que nous avons reprise : « Le clan du destin » (un jeu de mots avec CLANDESTIN) et qui parle d'immigration clandestine, que nous avons joué trois fois à Sorano. Ensuite nous avons joué la fameuse pièce de Wolé Soyinka : « La mort et l'écuyer du Roi » dans le cadre de la Biennale à Sorano. Et la Présidence de la République nous a appuyés dans ce projet. Donc « Les Gueules Tapées » se portent bien malgré les difficultés. Nous avons représenté le Sénégal au Festival de la Guinée (Conakry) avec succès, ce qui nous a ouvert une autre possibilité de tournée en Novembre/Décembre dans cinq ou six pays de la sous-région et en Afrique Centrale autour de la pièce « Le clan du destin ».

As-tu un coup de gueule à pousser ?

Ah oui ! C'est la fermeture de l'Ecole des Arts. Nous avons été formés et encadrés dans cette école par des professeurs comme Mamadou Diop, Abdou Ndiéguéne, Moustapha Mbaye. Et c'est grâce à ce travail que nous sommes devenus des hommes de théâtre et des professionnels. Ils se sont battus en 1990 pour que l'école qui était fermée réouvre ses portes. Et aujourd'hui l'histoire se répète, l'école est fermée depuis 2001 / 2002. Parce qu'il y a un travail préalable à faire : si les élèves qui vont à cette école se rendent compte qu'après leur formation, il n'y a rien, il est évident qu'il n'y a pas d'émulation. C'est exactement ce qui se passe. Personne ne voulait s'inscrire dans cette filière, parce qu'il n'y a pas d'avenir au bout et cela dure depuis cinq ou six ans. Une réforme a été initiée qui tend à faire de l'Ecole des Arts un Institut Supérieur. Le décret est dans le circuit administratif. Mais en attendant il y a des jeunes, pas beaucoup, mais qui veulent être formés. Il faut qu'on arrête de nous seriner que le théâtre Sénégalais est le meilleur d'Afrique. Ce n'est pas vrai. Je suis désolé, j'ai fait presque tous les plateaux en Afrique, je sais que le Burkina est en avance sur nous, sur beaucoup de choses, simplement parce qu'il a une politique digne de ce nom qui crée un engouement pour le théâtre et le travail bien fait. Je peux prendre également l'exemple du Bénin, où l'Etat octroie 200 millions de FCFA pour le festival et le théâtre. C'est le plus grand festival en Afrique. Et le Conseil d'Administration de ce festival est géré par les artistes. Voilà un exemple à multiplier en Afrique.

Quel est ton projet immédiat ?

Je cherche les moyens pour faire du prochain Festart l'un des plus grands événements médiatiques avec des amis étrangers et des partenaires. Et il me tient à cœur d'inviter Wole Soyinka à Dakar pour que sa pièce « La mort et l'écuyer du Roi » soit jouée devant lui. Une façon de rendre un hommage à la hauteur de l'image d'un des plus grands dramaturges du monde qu'il est. Je voudrais également que Jamel Debouze l'excellent et humoriste comédien Français soit parmi nous. N'oublions pas que Wolé Soyinka, Prix Nobel de littérature est un des nôtres et que Festart veut dire Festival International du Théâtre pour la Paix. Tout un symbole !

Mama wane, source Le sentinelle 

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Festival International Théâtre pour la Paix - dans La Compagnie
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Dominique Gomis 03/10/2011 19:55



Super , Tous mes voeux de reusite. BONNE CHANCHE et DU COURAGE , L'avenir apartien à l' Art Principalement le Theatre.