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Son Excellence Monsieur Le président de la République Maître Abdoulaye WADE en présence du Ministre de la Culture Monsieur Amadou Tidiane Wane Accueillant Le Directeur de la Cie les Gueules Tapées pour le sénégal qui gagne

La Présidence soutient Les Gueules Tapées
 
14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 16:08

mac texteL’amateurisme tue les règles de l’art
Le théâtre sénégalais a perdu son lustre des années 60 et 70, déserté par le public, embrouillé par une nouvelle armada de troupes et de comédiens amateurs au registre souvent fantaisiste, mais également noyé par l’univers cathodique ambiant et les nouvelles technologies qui s’évertuent à lui voler la vedette. En ses années fastes, notre théâtre avait conquis l’Afrique, décrochant la Médaille d’or du théâtre au premier festival culturel panafricain d’Alger 1969 avec « l’Exil d’Alboury » de Cheikh Aliou Ndao. Cette pièce épique était servie par le jeu d’acteurs de talents dont un certain Omar Seck, devenu une icône de la Compagnie du Théâtre national Daniel Sorano. Ce même Omar Seck dont la disparition, mercredi dernier, a endeuillé la grande famille du théâtre.

Au moment où l’on célèbre, ce samedi 27 mars, la Journée mondiale du théâtre sous le thème de la Renaissance africaine, il est tout aussi opportun de saisir l’occasion pour rendre, comme l’a décidé le ministère de la Culture, un hommage mérité à tous nos créateurs et grands comédiens aujourd’hui disparu, tels que Omar Seck, Lucien Lemoine, Thierno Bâ et Isseu Niang. La célébration de la journée mondiale du théâtre devrait être le prétexte de jauger les difficultés qui entravent notre théâtre.Le   concourir à un véritable essor du vrai théâtre. Celui là est réputé être un art qui met le comédien au contact du public, dans une relation vivante et un éveil réel des consciences. Il semble à ce sujet que l’appellation « théâtre populaire » soit toujours en mal de définition exacte, à la recherche d’une certaine légitimité face à la prestance du théâtre dit professionnel. On peut considérer, comme le Pr Ousmane Diakhaté, directeur du théâtre national Daniel Sorano, que l’adjectif « populaire » peut s’apprécier par rapport à un impact sur le public, comme ce théâtre de masse qui accueille le plus grand nombre de spectateurs, mais le théâtre peut être « populaire » également du point de vue du lieu de son implantation. Si l’on s’accorde sur les terminologies, un théâtre n’exclut pas l’autre. Théâtre populaire n’est pas forcément synonyme de théâtre amateur, car certains amateurs ont la qualité de jeu de professionnels. Par ailleurs, l’attrait des techniques audiovisuelles ne devrait pas nuire, outre mesure, le théâtre, tant qu’il s’agit d’une scène de théâtre « filmé ». Il faudrait surtout éviter la confusion entre les acteurs des téléfilms populaires mis en boîte et vendus en CD et les comédiens du théâtre qui jouent dans les scènes d’art dramatique. Le vrai théâtre, comme un miroir social, est joué pour faire face aux mystères et conflits qui inquiètent les hommes. Il est ainsi un exutoire des passions, un éveilleur de conscience et, à la fois, un moyen de divertissement utile à la société. A ce titre, il mérite une certaine attention pour ne pas tomber dans un dilettantisme stérile.

La pratique du théâtre au Sénégal a amorcé un déclin, après avoir connu des périodes fastes. Les causes sont à chercher dans le déficit de formation des comédiens, le manque d’infrastructures et l’influence des Nouvelles technologies de l’information et de la communication. La domestication du 4e art contribue-t-elle à sa perte ? Le théâtre populaire peut-il survivre à l’amateurisme à outrance ? Le dramaturge, écrivain et critique littéraire sénégalais, Mbaye Gana Kébé, a indiqué que le déficit de formation des comédiens pourrait, en partie, expliquer la décadence du théâtre populaire au Sénégal. « Le théâtre populaire est devenu un art prostitué à partir du moment où tout le monde s’érige en comédien sans une formation initiale pour rendre à cet art ce qui lui appartient », a-t-il déploré. Il a cité en exemple, le secteur touristique où, pour satisfaire leur clientèle, des promoteurs touristiques recrutent des pitres plutôt que des comédiens professionnels. Dès lors, s’est-il insurgé : « l’art sur commande, l’amateurisme éhonté et le bricolage desservent le théâtre ».

M. Kébé considère que le théâtre populaire est un théâtre innocent, spontané où les spectateurs deviennent des acteurs. C’est un théâtre qui vient du peuple et va au peuple sans règles contraignantes, avec des thèmes diversifiés. Un art qui colle avec la réalité, c’est-à-dire, le vécu quotidien du peuple. « C’est pourquoi, le sketch télévisé « goorgoorlu » qui raconte la vie quotidienne d’un crève la faim, a connu un grand succès. Le couple « Goor » et « Diekh » symbolise des milliers de Sénégalais » a affirmé Mbaye Gana Kébé. Le poète et dramaturge, Mamadou Traoré Diop, soutient que le Sénégal regorge de beaucoup de talents dans le 4e art. Tout dépend de la volonté politique des gouvernants et de l’ambition des acteurs de cet art pour lui redonner son lustre d’antan. « L’amateurisme tue l’art. Or, le théâtre est un art très exigeant » lance-t-il.

Cibler la masse la plus importante du peuple

N’est ce pas la vocation du théâtre d’être populaire, d’être destiné au plus grand nombre, par opposition à un théâtre d’élite ou d’essai réservé à une catégorie de privilégiés ou de professionnels en quête de voies nouvelles pour sortir des sentiers battus ? « Pour moi, soutient le dramaturge et écrivain Marouba Fall, un théâtre populaire n’est rien d’autre qu’un théâtre qui aborde des thèmes concernant le peuple, un théâtre ayant pour cible principale la masse la plus importante du peuple ». Au Sénégal, aujourd’hui, le théâtre populaire se distingue du théâtre professionnel. Le premier est joué en langue nationale et par des troupes d’amateurs, au sens positif du terme. Pour illustrer ce théâtre, on peut citer des comédiens célèbres comme El Hadj Mor Mbaye, Feu Makhourédia Guèye, Bay Ely, Seune Sène, El Hadj Abdoulaye Seck... L’autre théâtre, dit professionnel, est joué en langue française par des comédiens formés à l’Ecole des Arts devenue le Conservatoire National des Arts. Selon Marouba Fall, le théâtre populaire se comporte assez bien, si on en juge par l’engouement qu’il suscite auprès des jeunes et des femmes, par l’impact qu’il a sur le langage et la façon d’être de ses adeptes. Il colle à la mentalité du Sénégalais moyen, de son vécu quotidien. Le nombre de troupes théâtrales qui s’accroît d’une année à l’autre, montre bien l’essor de ce mode d’expression artistique qui devient une réalité incontournable sur le champ culturel national. Marouba Fall est nuancé dans son propos, « je peux dire humblement que le théâtre populaire gagnerait beaucoup en sortant progressivement de l’improvisation qui nuit à la qualité des messages délivrés, à celle du jeu des acteurs ».

Professeur de lettres, conteur, comédien et formateur, Massamba Guèye avance qu’au Sénégal, le théâtre populaire a été pendant longtemps porté par le travail de feu Mademba Diop, inspecteur de la jeunesse et directeur du théâtre populaire. La déliquescence du théâtre populaire vient du fait que les Associations sportives et culturelles (Asc) sont de plus en plus tournées vers le sport. Le volet artistique est inexistant. Cela explique cette chute du théâtre populaire. « Faut-il répéter, a déploré Marouba Fall, je n’apprécie pas un théâtre improvisé où les comédiens ne travaillent pas à partir d’une œuvre intégrale, écrite par un auteur reconnu. C’est un théâtre où chaque comédien y va selon son humeur et son inspiration, où le jeu des acteurs n’est pas organisé, où la personne et le personnage se confondent, où enfin, la réalité et le jeu se mêlent comme le fleuve et la mer ». Selon l’écrivain et dramaturge sénégalais El hadji Seydi Sow, l’expression « théâtre populaire » sera prise dans une double acception : un théâtre spécifiquement destiné au peuple, consommé par les couches de la société maintenues à l’écart d’une culture reconnue, celle des théâtres « d’art » à caractère institutionnel ; un théâtre émanant du peuple (hauteur, auteur), d’un imaginaire collectif et d’un langage (oralité, expression corporelle et musicale) irréductible à la seule culture livresque. Dans le premier cas, le « théâtre populaire » nourrit volontiers, au risque du « populisme », des intentions politiques, portées par un souci d’égalité républicaine ou par une volonté d’ordre social. Dans le second cas, le « théâtre populaire » est traversé par l’utopie d’une énergie créatrice et d’une inventivité sans tabou, susceptibles de régénérer un art menacé de sclérose par la culture littéraire qui s’en est emparé. Amuser, instruire, émanciper, édifier... sont les défis du théâtre populaire. Le théâtre peut se porter mieux. Le théâtre populaire sénégalais doit se réorganiser. Le déficit d’infrastructures est un mal qui l’affecte. Aujourd’hui, le théâtre doit avoir une mobilité qui lui permet de sortir sans difficulté des espaces fermés de Dakar pour aller à Tambacounda, de Sorano pour se jouer dans une salle de spectacle en banlieue ou dans une cour de récréation d’un lycée à Ziguinchor. Mieux, le théâtre doit pouvoir voyager sans un nombre pléthorique de comédiens et sans un décor encombrant. Car, la tendance du théâtre contemporain est de mettre l’accent sur la densité du texte, au détriment des personnages et du décor. De plus en plus, ce sont des pièces de théâtre d’un à quatre personnages au maximum qui sont montées à travers les scènes du monde.

Histoire et évolution du théâtre

Le dramaturge anglais Shakespeare disait que « le monde entier est un théâtre. Et tous, hommes et femmes n’en sont que les acteurs. Chacun y joue successivement les différents rôles d’un drame en sept âges ». La notion de « théâtre populaire » est généralement ancrée dans le XXe siècle où elle fut portée par les théories de Romain Rolland et par les activités de Maurice Pottecher, créateur du Théâtre du Peuple, ou de Jean Vilar à Avignon et Paris, avant Villeurbanne. La notion était redéfinie au même moment par Roland Barthes en opposition au « théâtre bourgeois » ou au « théâtre commercial ». Le théâtre populaire, en tant que pratique collective, mais aussi en tant que théorie esthétique et idéal social, possède une histoire plus ancienne. « Théâtre du Peuple » fut le nom donné à la première salle de l’Odéon en 1794. Dans les premières décennies du XVIIIe siècle, les théâtres de la Foire étaient un lieu de brassage social et d’invention esthétique. Au fil du XVIIIe siècle, l’émergence d’un nouveau public issu du tiers-état et de nouvelles cultures urbaines ont déplacé les enjeux de la poétique dramatique, doublée sur les tréteaux, par des pratiques anarchiques et innovantes. Celles-ci se multiplient encore pendant la Révolution, grâce à la liberté des théâtres octroyée en 1791. De cette liberté théâtrale et de cette invention esthétique naissent les trois genres dramatiques voués à dominer la scène française du XIXe siècle, l’opéra-comique, le vaudeville et le mélodrame. « Le théâtre doit faire de la pensée, le pain de la foule », a dit Victor Hugo dans Les Burgraves. Il est un des genres littéraires majeurs après la poésie et le roman. Il s’y ajoute qu’il se situe entre « l’écrit » et « le dit » et se définit comme un art collectif destiné à la collectivité. Il n’atteint sa plénitude que lorsqu’il devient un spectacle offrant à la société l’occasion de se regarder comme dans un miroir. Sa mission fondamentale est de permettre à une communauté de se situer et de réagir en avançant pour mieux prendre en main son destin. Fonction pédagogique d’un art !

 

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