Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : FEST'ART
  • FEST'ART
  • : Le théâtre au service de la paix
  • Contact

Profil

  • Festival International Théâtre pour la Paix
  • Le Seul festival International de théâtre professionnel au Sénégal
  • Le Seul festival International de théâtre professionnel au Sénégal

Notre devise

LE THEÂTRE AU SERVICE DE LA PAIX. LE TÔTEM DU THEÂTRE SÉNÉGALAIS

Rechercher

Archives

La Présidence


Son Excellence Monsieur Le président de la République Maître Abdoulaye WADE en présence du Ministre de la Culture Monsieur Amadou Tidiane Wane Accueillant Le Directeur de la Cie les Gueules Tapées pour le sénégal qui gagne

La Présidence soutient Les Gueules Tapées
 
12 juillet 2008 6 12 /07 /juillet /2008 15:21
Le théâtre privé au Sénégal


Recherche seconde respiration désespérément




Oumar NDAO
Professeur de lettre à l'université Cheikh Anta DIOP, Dramaturge, metteur en scène



Le théâtre va mal au Sénégal. Très mal. Des pièces dont les qualités artistique et littéraire laissent à désirer, un public complètement démotivé, des moyens qui ne suivent pas... autant de facteurs qui ont plongé le théâtre dans ce qu’on peut appeler un coma profond. Oumar Ndao nous retrace l’histoire et la décadence vertigineuse de ce secteur à l’agonie...

L'aventure du théâtre privé au Sénégal peut difficilement être déliée de l'odyssée du théâtre dit officiel. La première précaution à prendre serait de délimiter les domaines de définition de ces différentes formes d'expression et de représentation. Pour aller vite, disons que le théâtre de type occidental, joué sur une scène à l'italienne qui est de configuration frontale, naît avec les fêtes de l'Ecole Normale William Ponty de Sébikotane. Les cadres africains de l'Afrique Occidentale Française, formés dans ce temple de l'éducation coloniale, étaient astreints de rentrer de leurs vacances dans leurs pays respectifs avec des productions artistiques qui donnaient à voir une part de leur patrimoine culturel, particulièrement dans le domaine de la danse et de la musique traditionnelles. Ces "devoirs de vacances" étaient restitués à l'occasion d'une fête solennelle et ils étaient portés à la scène sous la forme de pièces de théâtre.

Plus tard, avec l'avènement des indépendances et le besoin de faire face aux exigences du futur Festival Mondial des Arts Nègres de 1966, le Président Senghor engagea la formation des hommes de la scène dans le cadre de l'Ecole des Arts, en même temps qu'était entamée la construction de ce qui allait devenir le Théâtre National Daniel Sorano sur un terrain qui appartenait à la Cathédrale de Dakar; c'était un terrain vague sur lequel les enfants du Plateau roulaient leurs ballons et qu'ils appelaient "Terrain Cathé" (!!).

Quand le Théâtre Sorano fut inauguré en Juillet 1965 (on y joua d'abord "La Fille des Dieux" de Abdou Anta Kâ), les premiers sortants de l'Ecole des Arts tinrent les premiers rôles. Quelques promotions furent absorbées par le Théâtre National mais ces offres de recrutement atteignirent bien vite leurs limites. La promotion de 1969 dut ainsi, sous la direction de leur professeur Robert Fontaine, former une troupe privée, en attendant que le Théâtre National leur ouvre ses portes. Cette troupe s'appelait "Les Tréteaux Sénégalais". Elle fit une tournée dans les établissements scolaires du Sénégal, y donnant des représentations de pièces du répertoire classique français. Ces élèves usèrent de ruse avec le pouvoir: ils entreprirent de créer Chaka, le fameux poème épique de celui qui présidait alors aux destinées du Sénégal. Senghor mit la main à la poche et leur octroya une subvention de deux millions CFA à laquelle le tout nouveau Premier Ministre d'alors, Abdou Diouf, ajouta un million et demi. Pour l'époque cette rondelette somme était plus qu'une fortune.

Pris dans l'ivresse de la Révolte de 1968, les jeunes pensionnaires des "Tréteaux Sénégalais" rendirent hommage à Nelson Mandéla et à la lutte contre l'Apartheid en jouant "Le Train de la Liberté" accolé à une représentation de "La Décision" (une pièce de Cheik Aliou Ndao). L'expérience s'étendit jusqu'en 1979, sous la direction du comédien, chorégraphe et metteur en scène, Mamdou Diop: la troupe fut minée par des conflits intérieurs, notamment des querelles d'argent. Une autre promotion de l'Ecole des Arts prit la relève et cette seconde troupe était dénommée "Le Nouveau Toucan", se voulant certainement héritière du "Toucan" qui avait existé à Paris. Profitant des débuts de la Télévision au Sénégal (inaugurée avec les Jeux Olympiques de Munich), "Le Nouveau Toucan" eut une aura plus grande que son aînée mais également et hélas! une vie beaucoup plus courte. Ses membres se dispersèrent aux quatre coins du monde.

Au début des années 90, la culture subit les contrecoups des nouvelles dispositions économiques. Elle ne fut plus considérée comme un secteur vital qui méritait qu'on en fît un des domaines de concentration de l'aide. La réorientation des axes de coopération avec la France depuis le Discours de la Baule, les plans d'ajustement structurel, la dévaluation du franc CFA, la stratégie du "Moins d'Etat, mieux d'Etat" et les différents processus de la désenghorisation finirent par réduire le Ministère de la Culture à une abstraction insignifiante. Dans ce vide, s'installèrent le Centre Culturel Français et son bras financier, La Mission Française de Coopération et d'Action Culturelle. Ce mouvement était étendu à tous les pays d'Afrique francophone. S'opéra alors un maillage du Continent avec des pôles artistiques contrôlés par la France: la photo à Bamako ("Le Mois de la Photo"), les arts plastiques au Sénégal ("La Biennale de Dakar"), la danse à Madagascar, le cinéma au FESPACO de Ouagadougou, le théâtre et la musique au MASA d'Abidjan... D'autres micro festivals de théâtre s'implantèrent dans quelques capitales africaines, sous l'égide des Centres Culturels Français. Qui paie commande: c'est ainsi que l'esthétique du théâtre africain francophone dût se conformer au bon goût des Directeurs de ces centres.

A Dakar, des troupes comme "Pétaw" de Awa Sène Sarr, "Les Ateliers de Kocc" dirigés par Moussa Sène Absa et le "Faro Théâtre" furent soutenues par la Coopération française. Elles connurent des fortunes diverses. Entre 1992 et 1994, elles purent montrer leurs créations dans les Alliances françaises et les exporter vers les pôles africains mis en place par la France. Avec la réouverture de la section "Art dramatique" de l'Ecole des Arts (qui avait été fermée pendant dix ans dans le contexte de la désenghorisation) plusieurs promotions furent soutenues par la coopération belge et elles reprirent la tradition des troupes privées formées par des élèves-comédiens: "Les Gueules Tapées", d'abord, ensuite "Les Sept Kouss" (qui comptait en son sein Kader "Pichinini"), le "Wax Taac" et enfin le "Théâtre de la Rue". De ces troupes, seule celle des "Gueules Tapées" aura survécu après s'être libérée de l'emprise de la coopération belge. Sous la conduite de Macodou Mbengue, elle continue d'offrir des pièces comme La Terre com...promise, la mort et l'écuyer du roi de wole soyinka ou Le Clan du Destin (sur le thème de l'émigration clandestine). En plus, elle a pris l'initiative de créer le "Festival de Théâtre pour la Paix" dénommé FESTART qui réunit tous les deux ans, au Sénégal, l'élite des troupes africaines et quelques participants européens.

Au total, la situation du théâtre privé est bien lamentable. L'Ecole des Arts peine à avoir des candidats pour la réouverture de sa section "Art dramatique". Les subventions ne proviennent que du Programme de Soutien à l'Action Culturelle (PSAC - Union Européenne) dont les procédures découragent les plus téméraires. Le Fonds d'Aide aux Artistes et au Développement Culturel d'un montant de cent cinquante millions de francs CFA ne parvient pas à satisfaire toutes les demandes provenant de tous les domaines artistiques. Une profonde désaffection du public qui préfère se laisser ravir par les fameuses "dramatiques" de la télévision, la paupérisation des populations qui n'osent plus s'offrir une sortie au théâtre, la léthargie du Théâtre National au regard des grosses productions auxquelles elle avait habitué le public, la faiblesse de la production littéraire en langue française, la saturation due à l'enchaînement vertigineux de pièces historiques (dont les auteurs n'ont pas tous les qualités de Cheik Aliou Ndao), sont quelques facteurs qui ont conduit au coma du théâtre au Sénégal, du théâtre officiel qui était la locomotive, du théâtre privé qui cherche désespérément une seconde respiration.

Arts scéniques / Théâtre par Oumar Ndao

Partager cet article

Repost 0
Festival International Théâtre pour la Paix - dans Le Festival
commenter cet article

commentaires

rafet 26/11/2008 13:21

enfin une personne indiqué pour retracer l'histoir du theatre senegalais pour nous les plus jeunes .
et remettre le vrai theatre a sa vrai place.
il se pose au senagal un probleme d'education generale qui pourrai se ratrapper par le thatre je veux parler du vrai theatre

mec 15/07/2008 00:13

c'est vrai tout ce qui se dit dans cet article bravo Ndao