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La Présidence soutient Les Gueules Tapées
 
22 juin 2008 7 22 /06 /juin /2008 23:16
dossier de spectacle

La mort et l'écuyer du roi : Tragédie au pays Yoruba


Les compagnies Gueules Tapées (Sénégal) Bivelas (Congo), et Graines de Soleil (France) ont interprété, le 14 mai dernier, sur les planches de Sorano, un classique du théâtre africain : La mort et l'écuyer du roi du Prix Nobel nigérian Wolé Soyinka. Une tragédie coloniale qui plonge dans la métaphysique Yoruba.


 

 


Interpréter Soyinka dans l'es
prit et dans le texte est un défi, un pari risqué. Surtout pour des artistes relativement jeunes. Car le Prix Nobel est connu pour la densité de sa prose, la hauteur de son verbe. Et La mort et l'écuyer du roi, c'est du Soyinka tout craché. On y retrouve toutes les recettes et le génie du dramaturge nigérian : des paraboles à foison, de la mystique Yoruba, l'absurdité de l'esprit colonial, l'incohérence des cultures indigènes. Au pays Oyo, une étrange coutume veut que la mort du roi soit suivie, trente jours après, par celles de son cheval, son chien. Jusque-là rien de vraiment inhumain. Mais jamais suffisamment cruelle, la tradition exige aussi que le garçon d'écurie, le pauvre Elesin, subisse le même sort que le bétail royal. Histoire,dit-on, de soulager l'âme du souverain et de l'accompagner gentiment au royaume des Morts.


Imbu de sa conscience toute coloniale Mr Pilkings, l'administrateur, et incarnation du bon sens, entend empêcher le crime rituel. Il coffre l'écuyer et le place sous haute surveillance policière. Qu'on l'accuse de profanation, de mépris à la culture locale, il est convaincu de porter secours à une personne prête à se donner la mort, sous prétexte de perpétuer la tradition de ses pères. Elesin a beau crier ‘laisser moi sortir accomplir mon devoir', le colon n'y voit là qu'un avatar d'une ‘coutume bâtarde'.


Olundé, le fils du brave écuyer, est sans doute le dernier esprit éclairé dans cette contrée ‘barbare'. Jeune cultivé, frais émoulu de l'école britannique, il est rentré du pays dès qu'il a appris la mort du roi. Mais quatre ans passés à étudier la science du Blanc, et l'éloignement n'ont pas suffi à lui gommer les croyances originelles. Il reste le plus zélé défenseur de la coutume indigène, honnit son géniteur de ‘retarder le passage du roi' et méprise le fantôme blanc, blasphémateur obstiné. ‘Vous n'avez aucun respect pour ce que vous ne connaissez', balance Olundé à l'administrateur sur un ton qui trahit un règlement de comptes coloniaux. C'est connu : la tradition est coriace. Il faut que la destinée s'accomplisse. La pièce bascule immanquablement dans une double tragédie. Pour guider l'âme de Sa Majesté au royaume des cadavres, père et fils y laisseront la vie. Mêmes morts, les rois restent tyranniques !


Le drame surréaliste s'inspire de faits réels, qui eurent lieu en 1946 à Oyo, une cité du pays Yoruba, dans l'actuel Nigeria. Le texte de Soyinka est tour à tour cocasse, émouvant, révoltant et instructif. Les dialogues des comédiens sont truffés de paraboles, de sagesse et de bêtises africaines.


Les compagnies Les Gueules Tapées (Sénégal) Bivelas (Congo Brazza) et Graines de Soleil (France) ont eu l'intelligence de saisir l'essence de la pièce, en évitant de s'encombrer d'artifices superflus. Le décor est sobre, les costumes recherchés sans faire dans le ‘copier-coller'. La musique plutôt contextuelle. Même si, on peut déplorer quelques inutiles longueurs dans une mise en scène globalement réussie.

La pièce a été interprétée le 14 mai dernier au Théâtre national Daniel Sorano, dans le cadre des activités ‘annexes' de la huitième Biennale de l'art africain contemporain (Dak'art).

Soure : Soleil / Abdou Rahmane MBENGUE

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Festival International Théâtre pour la Paix - dans La Compagnie
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commentaires

michèle 26/12/2008 16:38

Je suis en admiration de cette oeuvre et aussi du talent des acteurs. je suis une fan de théatre, j'aimerai faire partie d'une troupe meme comme amatrice . Merci beaucoup