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Son Excellence Monsieur Le président de la République Maître Abdoulaye WADE en présence du Ministre de la Culture Monsieur Amadou Tidiane Wane Accueillant Le Directeur de la Cie les Gueules Tapées pour le sénégal qui gagne

La Présidence soutient Les Gueules Tapées
 
7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 02:29

 fatou-kibe-kaba_0098.jpgElle est encore jeu ne mais son talent s’affirme déjà. Fatou Kiné Kaba, interprète du personnage de Yassine Boubou dans le Sacrifice de Madior que Macodou Mbengue a récemment mis en scène, a un avenir tout tracé dans le quatrième art sénégalais.

 

Elle  n’a pas fait d’école de théâtre, mais Fatou Kiné Kaba n’a rien à envier aux comédiens sortis de l’Ecole nationale des arts. La scène, elle la connaît. Il suffit de la voir incarner le personnage de Yassine Boubou dans Le Sacrifice de Madior pour déceler qu’elle est une comédienne née. Son jeu de scène ne souffre d’aucune hésitation encore moins de balbutiements. Avec une diction parfaite, elle débite ses répliques en professionnelle du quatrième art. Ses pairs en sont conscients. Son talent est inné et tous le savent. La preuve, elle n’est pas passée par un casting pour obtenir son rôle dans le groupe coaché par le metteur en scène Macodou Mbengue. Ce dernier l’a directement contactée après l’avoir découverte lors du festival interscolaire de théâtre qu’organise l’Institut français de Dakar.

Trois éditions de suite, Fatou Kiné Kaba avait fait sensation devant le jury et le public venu suivre cet événement. La troupe du Lycée Blaise Diagne, où elle a fait son cycle secondaire, avait d’ailleurs remporté le trophée de la meilleure technique théâtrale et celui du meilleur spectacle. Quant à Fatou Kiné, elle a reçu le prix de la meilleure comédienne aux côtés de son collègue Papa Alassane Sow qui est parti avec le prix du meilleur comédien. C’était en 2006, 2007 et 2008. Ces consécrations successives l’ont confortée dans sa conviction qu’elle était faite pour les planches. Encouragés par leur succès, ces jeunes comédiens, avec à leur tête leur mentor et metteur en scène, Mactar Diouf, décident de se professionnaliser et  de ne plus s’arrêter au niveau scolaire. La plupart d’entre eux avaient déjà obtenu le bac. Ils  décidèrent donc de mettre sur pieds Baobab Théâtre en 2005. Ils sont aujourd’hui, huit comédiens en plus du metteur en scène, du technicien et de l’administrateur.
 

 

Mais tout avait commencé pour Fatou Kiné Kaba, cinq ans plus tôt avec le club d’anglais de son lycée. Passionnée de théâtre, elle avait fait sa première scène en anglais, encadrée par Mactar Diouf. Et depuis, elle n’a pas arrêté. Ses temps libres, elle les passe non pas à la plage ou en discothèque comme la plupart des jeunes de son âge, mais à lire et étudier. Elle pouvait ainsi amener de bonnes notes à ses parents et s’adonner à sa passion, le théâtre. «Cela m’a permis de développer beaucoup de choses en moi-même. Quand je le fais(le théâtre) je me sens moi. Je me sens dans mon milieu», dit-elle. Son père, comptable de profession, ne prend pas cette activité très au sérieux. Par contre, en sa mère, commerçante de son état, la jeune comédienne a trouvé un soutien sans faille. Son expérience, elle la partage aussi avec des enfants de 8 à 12 ans, à qui elle donne des cours de théâtre tous les dimanches. Peut-être plus influencée par son père qu’elle ne le croit, Fatou Kiné Kaba prend des précautions pour son avenir. Malgré son succès naissant sur les planches et quelques apparitions au cinéma et dans des publicités, elle suit une formation en Banque Finance dans un institut supérieur de la place. «Le théâtre ? Ce n’est pas bien payé ici au Sénégal», affirme-t-elle. Consciente de cela, elle affûte bien ses armes pour réussir sa vie. Sûr que cette étoile naissante des planches sénégalaises, brillera de mille lumières sur les podiums du monde !

agueye@lequotidien.sn

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29 juillet 2012 7 29 /07 /juillet /2012 23:37

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Le Grand théâtre deDakar a accueilli vendredi dernier, la première de la pièce Le Sacrifice de Madior. Le public a replongé dans l’ambiance du royaume du Cayor au temps où, le pouvoir était ce qui comptait le  plus.

 

 

Des cases qui entourent une  grande cour royale, un baobab que l’on aperçoit au loin. Un trône vacant au beau milieu de la concession. Le décor ainsi campé, reproduit le  royaume du Cayor en ses temps fastes. Le metteur en scène Macodou Mbengue  a voulu revisiter le mythe de Yassine Boubou à travers la pièce Le sacrifice de Madior. S’inspirant d’un texte de Ibrahima Sall, il a, vendredi dernier, plongé les spectateurs du Grand Théâtre de Dakar, dans la guerre de succession qui a décimé presque en entier une famille royale. Le roi mort, il lui fallait un héritier. Normalement, c’est l’ainé des fils qui doit accéder au trône après son père. Seulement, personne ne le trouve assez courageux et valeureux pour diriger le royaume. Une dispute éclate alors entre les frères qui finissent par s’entretuer.

 

Pendant ce temps, la sorcière (interprétée par Anne Marie Doliveira) avait déjà réglé la question. Elle sait que c’est Madior (joué par Roger Sambou) qui va accéder au trône. Mais à quel prix ? Avec une voix forte qui semble presque irréelle, elle annonce à Madior qu’il sera Damel du Cayor et Tègne du Baol et que son fils lui succèdera à ces fonctions. Seu­lement, le prévient-elle, «il te faudra payer le prix du sang». Pas n’importe quel sang ! Les esprits réclament celui de son épouse. Décontenancé par ses prédictions, le prince s’en ouvre à ses femmes. Mais en discutant avec elles, Madior se rend compte que la seule qui peut sauver la dynastie et lui permettre d’accéder au trône, c’est sa préférée, Yassine Boubou, la plus jeune de ses épouses.

 

LE PRIX DU SANG
Devenir Damel du Cayor, devient problématique. Toutefois, la femme se soumet volontiers aux exigences des esprits. Elle accepte sans réticence de donner sa vie pour sauver la dynastie et faire de son mari et de son fils encore bébé, Damel et Tègne. Un épisode historique de ce royaume, réalisé dans un échange poignant que le public a suivi en écrasant par moment une larme au coin de l’œil. Tant furent touchants les propos de Yassine Boubou (interprétée par la jeune Fatou Kiné Kaba découverte par le metteur en scène lors d’un festival interscolaire de théâtre) qui convainc son mari de la nécessité de se sacrifier. Grâce à elle et comme le veut la légende, le sacrifice de Yassine Boubou qui s’est donnée la mort, propulse Madior à la tête du Cayor et du Baol. «Le mythe de Yassine Boubou  glorifie la femme par rapport à l’image que l’on a toujours voulu donner à la femme africaine et sénégalaise», explique Macodou Mbengue. Il a fallu une trentaine de comédiens de la compagnie les Gueules Tapées,  de Sorano et de l’Arcots pour donner vie à cette pièce.

agueye@lequotidien.sn

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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 19:49

Célébration - Journée internationale du 4e art : Macky Sall invité à traduire en acte le projet culturel du Grand Théâtre national

    gtheatre.jpg

    Le Grand Théâtre national   d e Dakar a organisé avec le ministère de la Culture, du Genre et du Cadre de vie, la 50e commémoration de la journée internationale du théâtre. Ce fut sous le thème «le rôle de la femme dans le théâtre». L’occasion a été saisie pour lancer les activités du nouveau Théâtre inauguré en avril dernier par Me Abdoulaye Wade.


    Pour la célébration de la Journée internationale du théâtre, le Docteur Youma Fall, Administrateur général du Grand Théâtre a accueilli hier, dans son établissement, un public nombreux essentiellement composé d’élèves, d’artistes, de comédiens, de cinéastes, de producteurs et de metteurs en scène, venu «célébrer la femme». Selon Youma Fall, «la femme est au cœur de la dynamique de développement de tout secteur». Pour preuve, rappelle-t-elle, de grandes femmes ont marqué de leur empreinte le quatrième art sénégalais. Ce sont : Fama Diagne Sène, Awa Sène Sarr, Joséphine Zambo… a rappelé l’administrateur du Grand Théâtre national, qui rappelle que «ces grandes figures, ont marqué le quatrième art sénégalais de leur combativité et de leur passion pour le théâtre». Toutefois, constate Youma Fall, «la femme de théâtre malgré le vote de la loi sur la parité cherche encore ses repères». «Rares sont celles qui ont pu donner libre court à leur imagination, à leur talent dans les conditions sociales, culturelles et matérielles», a-t-elle par ailleurs, fait remarquer.

    De leur côté Macodou Mbengue président de l’Institut africain du théâtre section Sénégal et Pape Seck ont évoqué «des malaises grandissants dans le secteur, les difficultés et les contraintes auxquels sont confrontés les artistes et comédiens». Ces difficultés concernent notamment : la formation, le statut des artistes et comédiens, la prise en charge, la loi sur le mécénat, la subvention des artistes et des troupes, le relèvement du budget du ministère de la Culture et du cadre de vie. Aussi,  ont-ils lancé un vibrant appel au Président élu, Macky Sall, pour qu’il puisse traduire en acte le projet culturel du grand théâtre national.


    Venu représenter le ministre de la Culture, du Genre et du Cadre de vie, Abdoulaye Racine Senghor, directeur de cabinet a tenu à saluer la présence massive des élèves et professeurs dont  la «participation est vue comme une chose positive pour le théâtre». M. Senghor a par ailleurs rappelé que l’Etat a fourni d’importants efforts pour veiller à l’amélioration et à la protection sociale des artistes. C’est par une série de représentations théâtrales qu’a été clôturé cet évènement.


    Écrit par  Par Bacary SAMBOU
    mercredi 28 mars 2012 12:49
    bsambou@lequotidien.sn

    A l’occasion de la célébration de la Journée internationale du théâtre, mardi à Dakar, les acteurs du quatrième art ont exposé les maux qui gangrènent leur discipline. Ils réclament plus de considération de la part des autorités. 

     

    Manque de formation, ou enseignement banalisé, manque d’espace d’expression… La liste des maux du théâtre sénégalais est longue et les hommes de scène en souffrent chaque jour. Mardi, l’estrade du Grand théâtre de Dakar leur a servi de tribune pour revenir sur les difficultés de leur métier. C’était à l’occasion de la célébration du 50e anniversaire de la Journée internationale du théâtre. Selon le comédien Macodou Mbengue, le théâtre sénégalais, l’un des plus féconds dans les années 80, a perdu de son prestige aujourd’hui. «Manque de formation avec la fermeture depuis plusieurs années de la section dramatique de l’Ecole des arts et d’espace d’expression pour les acteurs, départ des enseignants en théâtre pour d’autres horizons…», les problèmes augmentent de jour en jour, indique Mbengue, directeur artistique du Festival international du théâtre (Fest’art) par ailleurs président de l’Institut international du théâtre section sénégalaise.

    Le comédien n’a pas non plus raté l’occasion de porter à la connaissance du public la précarité dans laquelle ils vivent. Selon lui, celle-ci se traduit, le plus souvent, par un manque de ressources financières des acteurs. Macodou Mbengue espère que si l’Etat consent à relever le budget alloué à la Culture, les comédiens pourront voir leurs conditions de vie s’améliorer. Abordant la loi du mécénat, le président de l’Institut international du théâtre section sénégalaise a invité l’Etat à poursuivre son action sociale en direction des artistes. 

    Porte-parole de l’Association des artistes et comédiens du théâtre sénégalais (Arcots), Pape Faye convie les autorités à accorder plus d’attention aux revendications des artistes. Sans quoi, pour lui, le quatrième art sénégalais n’ira pas loin. S’il admet que le théâtre est un levier fondamental au Sénégal, le directeur de cabinet du ministre de la Culture, Abdoulaye Racine Senghor regrette de voir les artistes rencontrer des problèmes de prise en charge sociale et médicale. Toutes les pensées se sont alors tournées vers le président de l’Arcots Sénégal, le comédien, Thierno Ndiaye Ndoss. 

    Le Sénégal a fêté la Journée internationale du théâtre sous le thème «la femme dans le théâtre sénégalais». Depuis 1962, la journée est célébrée par les centres nationaux de l’Institut international du théâtre existant dans une centaine de pays. Le cahier de doléances clos, les comédiens sénégalais ont égayé ensuite le public à travers des prestations scéniques époustouflantes.

    Baba MBALLO

    Source walf Fadjri


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    3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 22:16

    Macodou Mbengue, comédien et metteur en scène : « Il faut un théâtre qui parle à tout le monde »

    Macodou Mbengue, comédien et  metteur en scène veut apporter une nouvelle image au théâtre sénégalais, elle doit être plus professionnelle et universelle. Il a donné un avant goût avec ses élèves lors d’une représentation théâtrale du centre culturel Blaise Senghor.
    Les 50 élèves, âgés de 20 à 60 ans, du comédien et metteur en scène  Macodou Mbengue, ont présenté vendredi dernier au Centre culturel Blaise Senghor la représentation finale d’un atelier de deux mois.  « Ils faisaient du théâtre dans la rue. Je leur ai proposé de suivre une formation pour améliorer leur jeu théâtral » explique le metteur en scène de la compagnie des « Gueules Tapées ».  Le théâtre populaire est très répandu au Sénégal. « Tout le monde fait du théâtre. A l’école, le théâtre se range au même niveau que le sport » souligne Macodou. C’est d’ailleurs comme cela qu’il a débuté. Originaire de Rufisque Macodou   est passionné de théâtre depuis son enfance.   Il a subit une formation  pendant cinq années à l’école des arts de Dakar.
    Il s’est produit dans le monde entier avec « les gueules tapées » et armé de son expérience il  crée en 2000  le « Fest Art, un festival international du théâtre pour la paix » à Dakar.
    Avec une 6ème édition du Fest Art est devenu un événement majeur de théâtre professionnel au Sénégal. L’objectif de Macodou est de lui donner une renommée internationale, en optimisant la circulation des artistes et des œuvres théâtrales sénégalais et d’autres pays. « On joue dans divers endroits à Dakar pour toucher toute la population » explique t-il. Mais le metteur en scène souhaite aller plus loin encore : « Je veux former au théâtre professionnel, tous ces jeunes talents sénégalais qui sont dans la rue ».

    Le rythme et l’énergie du jeu sur la scène
    Lors du stage à Blaise Senghor, il a transmis aux élèves les deux techniques fondamentales pour un comédien : le rythme et l’énergie du jeu sur la scène de théâtre. « Je leur ai fait travailler des textes de Molière, en français et en wolof. Je voulais qu’ils voient le théâtre autrement avec un texte à apprendre, des postures de scènes à imiter », explique Macodou Mbengue.   La représentation finale a été une belle réussite. Les 50 élèves, dont des mères de familles, ont fait face pour la première fois à un grand public. « Ils ont assurés. Je suis très fières d’eux » commente le professeur.  Pour Macodou, il n’est pas question de les lâcher après cette étape. « Je prépare maintenant une production avec certains d’entre eux. Le talent vient de la rue, il suffit juste de le montrer sous les projecteurs » dit-il. 
    Mais pour cela, le comédien a besoin d’un soutien financier. S’il a réussi à proposer un stage gratuitement, il avoue néanmoins ne plus pouvoir continuer sans financement. « Le théâtre est une autre façon de voir la vie. Investir dans l’art théâtral est fondamental au Sénégal » argumente t-il. Aujourd’hui, « je souhaite amener le regard des sénégalais vers une autre forme de théâtre ; un théâtre plus universel » avance-t-il. Selon lui, les comédiens doivent éviter de jouer seulement en wolof et de se braquer sur un seul thème. « Il faut un théâtre qui parle à tout le monde », c’est ainsi qu’il peut aussi s’exporter  au-delà des frontières africaines.
     

    Sarah SUDRE

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    10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 12:26

    mballo-400.jpgTIDIANE MBALLO DECEDE

     

    Adieu, l’artiste de lumières !


    Dans le monde de la culture et du spectacle, il y a ceux qui sont sur le devant de la scène et ceux qui restent dans l’ombre, mais sans qui rien ne pourrait marcher comme il faut. Ces artistes de l’ombre, personne ou presque n’en parle. Mais, dès qu’ils disparaissent c’est une véritable perte pour la Culture.


    Les sénégalais, mais également le continent, viennent de perdre un de ses artistes de l’ombre. Il s’agit de Tidiane Mballo. Décédé jeudi 04 janvier 2010 à l’hôpital de Fann, des suites d’une maladie, Tidiane était un homme de métier. Régisseur lumière, il  avait travaillé  sur  plusieurs manifestations  sénégalaises  comme  le Fest’Art,  le  Kaay  Fecc,  et  bossait pour  le  spectacle  son  et  lumière du ministère  de  la  Culture. Il avait également fourbi ses armes dans d’autres festivals comme le Masa (Marché des Arts du spectacle africain, à Abidjan). Il avait également participé à la caravane des réalités entre Dakar et Bamako, en décembre 2008. Il aimait son travail ! D’ailleurs, je  me  souviens  qu’à  l’occasion d’une  émission  de  Culturama (émission que j’ai conçue, réalisée et présentée, et produite par  l’ancienne Rts2S devenue 2Stv),  je  lui avais demandé de nous parler de son métier. Il nous avait accueilli à bras ouverts, avait déballé  tout  le matériel  de  régie  pour  nous  et nous  avait  parlé  de  son  métier avec passion, malgré la chaleur et la sueur qui perlait tout au long de son visage et lui piquait les yeux. Une passion qui s’était ressentie puisque plusieurs jeunes l’ont appelé à la suite de la diffusion de l’émission pour suivre sa trace... Tidiane avait participé à plusieurs pièces et stages.


    Voici, une petite présentation de lui que j’ai trouvée sur le site de la  Compagnie  des  Cris  (Suisse)  : Tidiane Mballo  est  «titulaire d’un certificat  de  capacité  d’électricité en  bâtiment. Après  un  stage  en régie lumières au Théâtre national Daniel  Sorano, il  vient  à  Genève, pour  suivre  un  stage  au  Théâtre Am  Stram  Gram. Il est ensuite régisseur d’une création du Théâtre Coup de Pilon à Lyon, et participe aux projets de tournées “Black Movie” et à une tournée internationale du Théâtre Spirale de Genève. Il travaille  également  à  Paris  (...) Depuis deux ans, il assure la coordination  technique  des  spectacles de la Compagnie des Cris (tournée sénégalaise  et  européenne)  et  il  a travaillé  au  Théâtre  de  la  Parfumerie de Genève avec Michel Faure et Patrick Mohr.» Il  a  souvent  travaillé  avec Macodou MBENGUE,  directeur  de la  troupe  de  théâtre  Les  Gueules Tapées  et  du  FEST’ART,  qui  nous  a apporté son témoignage : «C’était un vaillant  régisseur  et  technicien qui  ne  se  couchait  jamais  ni  ne baissait les bras tant que le travail n’était  pas  fait  et  bien  fait. C’était l’un de nos meilleurs techniciens. Je me souviens lors d’une tournée à Genève, nous avons partagé la même chambre. Je ne le voyais jamais à l’hôtel. Il était sur le plateau très tôt le matin avant que je ne me réveille, il y restait tard. Il ne rentrait se coucher que lorsque tout était terminé et rangé. C’était un travailleur acharné et toujours en quête de connaissances. Travailler avec lui était de tout repos !»



    Adieu l’artiste de lumières !

                                   Paix à ton âme !      

                                                             

    Zouhour HARBAOUI


     

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    3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 01:50
    Éternel débat, partir ou rester. Ici il n’y a pas de débat, pas de doute, car il faut partir.

    La compagnie des Gueules tapées, a offert le mardi 26 janvier 2010 une représentation mêlant tragique et dérision, et allant parfois jusqu’au burlesque.


    Cette pièce de théâtre plonge le spectateur au cœur de la rage, du désespoir deClan-CCF-copie-1.jpgs émigrés illégaux. La pièce nous présente tour à tour les différents protagonistes. Trois candidats au voyage, désireux d’atteindre les pays du Nord par la pirogue, trois candidats à la recherche d’un passeur ou d’une éventuelle embarcation de fortune. Arrive ensuite un prêtre, à la recherche du corps de son neveu, ex –candidat noyé lors de son voyagé. Le dernier personnage n’est autre qu’un représentant de la loi.


    Les trois candidats à ce voyage deviennent solidaires, d’où le clan du destin, ingénieux jeu de mots. C’est ensemble qu’ils usent de stratagèmes pour atteindre leur objectif, prêts à tout ils le sont, jusqu’en arriver au meurtre. On rit de bon cœur car les dialogues ont une bonne dose d’humour, mais le sujet est tragique.


    Cette pièce a la particularité de traiter de l’immigration clandestine via les candidats. Ce n’est pas un regard accusateur qui est ici porté. Il s’agit de montrer les raisons, le ressenti, tout ce qui pousse des personnes à risquer leur vie pour atteindre un eldorado incertain.

     


    Ecrit et mis en scène par Macodou Mbengue d’après « Tu ne traverseras pas le détroit » de Salim Jay, « La réclusion Solitaire » de Tahar Benjelloun et « Le ventre de l’Atlantique » de Fatou Diome, clan du destin a ému et fait rire.

    Vivement recommandé !

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    4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 20:54
    La Compagnie Les Gueules Tapées à l'Institut Français Léopold. S . Senghor de Dakar en bas de page

                       ABDOULAYE RACINE SENGHOR, DIracine sRECTEUR DES ARTS

    L’état des arts sénégalais est jugé positif par Abdoulaye Racine Senghor. Le Directeur des Arts considère toutefois que malgré les nombreux efforts fournis par l’Etat, le Sénégal pourrait retrouver sa place de choix sur l’échiquier culturel du continent africain. C’est ce qu’il a déclaré dans cet entretien qu’il a accordé à Sud Quotidien. Il s’est aussi rappelé de la fameuse « Ecole de Dakar », ce mouvement artistique original qui a fait la fierté jadis des amoureux des arts visuels, et s’est réjoui qu’il ait bien évolué.
    Quel est votre jugement de la situation des arts au Sénégal ?

     

    Racine Senghor- Très positif et je crois bien qu’il est conforme à la réalité. J’ai eu l’occasion de voir en un an et demi le nombre des artistes augmenter. Combien ils sont nombreux ceux qui s’adonnent à l’art au sens large du terme (peinture, sculpture, musique, théâtre, danse, chorégraphie, cinéma). Combien ils sont nombreux ceux qui en ont fait leur activité principale ou d’appoint. Mais lorsqu’ils produisent dans des conditions qui ne sont pourtant pas faciles, ces artistes ont toujours un public qui vient. C’est un signe réconfortant. Il demeure qu’un aspect fondamental de l’art au Sénégal mérite qu’on s’y penche davantage. C’est la question de la formation. S’il y a beaucoup d’artistes qui s’expriment il y a besoin d’améliorer les prestations de certains d’entre eux qui sont des hommes qui se sont faits tous seuls, des rampants comme on dit. Même s’ils ont des talents, la formation est nécessaire pour eux. C’est pourquoi le Ministère à côté de l’école nationale des arts encourage des structures comme celle que Kalidou Kassé a installées récemment et comme l’Académie des Arts qui se trouve à Yoff où on forme les artistes à la meilleure pratique de leur métier. L’autre aspect consiste à faire davantage jouer la décentralisation, les collectivités, parce qu’il y a des artistes dans les coins les plus reculés où il faut aller les voir pour les aider à montrer ce qu’ils font. Il faut les appuyer, leur offrir des cadres d’expression, de petites salles pour exposer, des scènes pour jouer, des festivals. D’ailleurs, pour les festivals beaucoup d’initiatives sont prises aujourd’hui pour permettre à toutes les localités, toutes les régions d’avoir un évènement culturel qui offre aux artistes un cadre d’épanouissement. Le mouvement est bon. Donc, mon jugement est optimiste, mais je sais que l’art est une donnée naturelle essentielle chez les êtres humains et c’est certain qu’avec un petit coup de pouce le Sénégal va conserver son leadership dans le domaine des arts en Afrique.

     

    Les arts étaient-ils plus honorés avec Senghor qu’avec Diouf et Wade ?

     

    Je pense que c’est un jugement erroné. Aujourd’hui, il y a beaucoup plus d’artistes. Il y a vingt fois plus d’artistes que du temps de Senghor. Il y a vingt fois plus d’infrastructures. Ce n’est pas comparable. Senghor est un des pionniers. Il avait une autre conscience de l’art. Il a été un fervent défenseur et un acteur. Mais la foison qu’il y a aujourd’hui dans le domaine artistique n’existait pas. L’art était une affaire d’élite. C’était une minorité de gens qui étaient allés à l’école. Ils n’étaient pas nombreux. Pour preuve, le Sénégal ne faisait pas 2 millions d’habitants en 1966. Il est à 12 millions maintenant. Il est vrai qu’il y a eu beaucoup de choses sous Senghor. Il a donné le mouvement en créant le théâtre national Daniel Sorano, les musées dynamiques, l’Ecole des Arts. Il a créé par ses actions l’Ecole de Dakar, mais aujourd’hui, on se rend compte qu’il y a beaucoup de subventions dans tous les secteurs qui permettent aux artistes de produire. Il y a des fonds d’appui aux écrivains et aux artistes, et pour le Cinéma. Il y a le Village des Arts où les gens résident. Il y en a partout dans les régions. Il y a un mouvement qui est très fort. Mieux, le Président de la République a fait inscrire dans la Constitution qu’il est le Protecteur des Arts et des Lettres. Ce qui n’existait pas. Et cela me semble important à noter. Regardez les nombreuses expositions qui se déroulent au Sénégal au fil des semaines et des mois. La galerie nationale a un programme chargé, de même que les autres galeries (Ifan et autres). Il y a un réseau des journalistes culturels. Les journaux sont nombreux qui ont des pages culturelles. Ce qui n’existait pas. Et ce sont des choses encourageantes. La culture n’est pas la seule affaire de l’Etat, elle appartient à tout le monde. L’Etat a un rôle d’appui. Quand les artistes et les créateurs sont mis dans de bonnes conditions de création, ils produisent. Et les populations éduquées à l’art en jouissent. Chacun contribue à son niveau au succès des arts, et cela fait la bonne affaire des collectionneurs. C’est un mouvement global.

     

    Quelles sont les stratégies d’appui adoptées par l’Etat ?

     

    Aux Etats-Unis, il n’y a pas de ministère de la culture. Les activités culturelles sont portées par les populations, les mouvements et les fondations. Et tout cela fait que ça foisonne sur le plan culturel. Au Sénégal, nous avons la chance d’avoir à côté de ces associations, un Gouvernement, un Etat qui a un budget consacré à la culture et qui appuie les acteurs du secteur. C’est une politique à saluer. Il faut simplement prier pour que les moyens augmentent et que les artistes puissent bénéficier d’infrastructures en qualité et quantité suffisantes sur tout le territoire national, et qu’ils puissent aussi bénéficier de formations. Il y a quelques semaines nous avons organisé un grand atelier de formation de techniciens du théâtre pour permettre aux associations sportives et culturelles (Asc) de développer le volet de la culture dans leurs activités. C’était fabuleux de voir tous ces jeunes qui s’intéressent au théâtre venir se faire former en mise en scène, en chorégraphie, pour faire du théâtre avec un peu de professionnalisme. Sous peu, dans un an ou deux, quand vous verrez ces jeunes s’investir dans les clubs navétanes, il pourra y avoir des spectacles de théâtre magnifiques. Et ceci va entraîner la production de pièces de théâtre parce que les pièces écrites sont de plus en plus rares. Je ne parle pas des ciné-films ou téléfilms, ce ne sont pas des pièces de théâtre. Je parle de théâtre avec des artistes qui ont appris leur rôle et le jouent sur scène. Nous allons remettre cela au goût du jour avec les associations du mouvement navétane, l’Association des artistes et comédiens du théâtre sénégalais (Arcots), Macodou Mbengue et sa compagnie Les Gueules Tapées, et le théâtre Sorano. Il y a d’énormes possibilités et cela est valable pour la musique. Il y a peut être certains correctifs à apporter, mais la production musicale au Sénégal est généralement très bonne. Pour la danse et la chorégraphie, il faut noter que Gérard Chenet est en train de faire des choses magnifiques qu’il faut aller voir à Toubab Dialaw, un théâtre où des danseurs vont s’exprimer à côté de Germaine Aconier qui a son école.

     

    Quel est aujourd’hui l’Etat de la fameuse Ecole de Dakar ?

     

    Elle montrait une convergence dans l’inspiration et la production. Cette école, on n’en parle plus maintenant, mais elle a existé du temps de Senghor avec la création de l’Ecole nationale des Arts, même si celle-ci n’a rien à voir avec l’Ecole de Dakar. Cette école là a produit des artistes que nous connaissons. C’est une école qui évolue. La peinture de Mamadou Diakhaté, celle de Mamadou Wade, de Kalidou Kassé et de C A Diallo ont dépassé ce qu’était l’Ecole de Dakar des années 1965 à 1970. Nous sommes en 2009, l’Ecole a beaucoup évolué. Nous pouvons maintenant parler de nouvelles tendances de l’Art sénégalais. La Biennale de Dakar tout comme le festival des arts et cultures en donnent un aspect. La création de cette grande école a vu de grands peintres comme Iba Ndiaye, Pape Ibra Tall, Mamadou Diakhaté qui sont les pionniers. Mais il y a eu énormément de choses qui se sont passées dans la manière de peindre, dans les matériaux ou dans les formes. Quand on parle de l’Ecole de Dakar c’est surtout en peinture. C’est heureux qu’on ait bien évolué.

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    Publié le 30 décembre 2009 par Chérif FAYE Source Sud Quotidien

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    Festival International Théâtre pour la Paix - dans La Compagnie
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    22 août 2008 5 22 /08 /août /2008 17:03

    Sénégal : « Le théâtre Sénégalais est ... »

    Comédien, metteur en scène, dramaturge, Directeur de compagnies, Directeur de festival, autant de casquettes pour une seule passion : le théâtre. Sourire éclatant, rire facile et communicateur, Macodou est un personnage attachant. Autant il est jovial, autant il est grave quand il parle du théâtre. Il respire le théâtre. Il vit le théâtre. Il assène ses convictions sans concessions. La vie elle-même est un théâtre d'ombres que Macodou essaie de mettre en lumière.


    La Sentinelle
     : vous faites partie d'une génération de comédiens qui, dans les années 95 a apporté un nouveau souffle au théâtre Sénégalais. Quel était le contexte ? Comment est née la compagnie « Les Gueules tapées » ?

    Macodou Mbengue : La compagnie « Les Gueules tapées » est née du regroupement de deux pionnières de la nouvelle génération après la réouverture de la section d'Art dramatique en 1989/1990 qui était fermée pendant dix ans avec les politiques d'ajustement structurel. Après notre sortie de l'école, nous avons décidé de ne pas aller au théâtre Daniel Sorano. Nous avions envie de faire une autre forme de théâtre plus proche des populations. C'est ainsi que nous avons formé la compagnie « Les Gueules tapées » avec la première et la deuxième promotion sorties de l'école en 1994 et 95. L'aventure a commencé avec « la bande des 5 » qui avait bénéficié d'une bourse de stage au Conservatoire Royal de Liège en Belgique. A la même époque nous avions fait un stage avec deux professeurs Belges au niveau de la coopération, sur le jeu farcesque et les masques grotesques. Nous avons travaillé cette forme de théâtre et créé la compagnie en 1995. Tout est parti de là...

     

    A l'époque nous fréquentions beaucoup le Théâtre Sorano, mais nous avions senti une certaine léthargie dans cette institution. Ce qui se faisait c'était les pièces historiques qui ne nous parlaient pas. C'était une autre époque. Ces pièces parlaient plus à ceux qui ont combattu avant les indépendances pour redorer le blason des peuples Noirs et leurs cultures. C'était bien mais nous n'étions pas de cette génération et nous pensions qu'il y avait aussi une autre forme de théâtre. Il y avait une balance entre le théâtre professionnel et le théâtre populaire. Techniquement, le théâtre professionnel faisait du bon travail mais sur le plan thématiques, le théâtre populaire était plus proche des populations. Nous avons donc voulu mettre ces deux formes de théâtre ensemble ; prendre le meilleur de chaque côté. Au bout nous avions créé un cadre avec ce que nous appelions : « chronique humoristique de la vie quotidienne et de la presse Sénégalaise », une sorte de revue des mutations de la société sénégalaise. Nous n'avions pas un mépris pour ce qui se faisait à l'époque, mais nous voulions faire autre chose ; être plus proches de notre société.

    Cette période a été assez riche au niveau de la création des avec les jeunes compagnies, mais il semble que cet élan s'est un peu essoufflé. Que s'est-il passé ?

    Les compagnies ont presque toutes disparu. Il y avait une émulation. Quand on sort de l'école, on est jeune et on a envie de faire ses preuves et à consentir des sacrifices inimaginables. C'est ce que nous avions fait. Nous avions tracé un chemin et les « 7 kouss » ont suivi les « Wakhkat », le théâtre de la rue, « le Zénith Art » etc... Il y avait un véritable engouement. Nous avons créé pendant deux à trois ans, quatre à cinq pièces, parce que nous avions rendez-vous avec l'actualité. Et le public attendait à chaque fois ce que les « gueules tapées » leur proposaient. Cette créativité a également poussé les jeunes qui sortaient de l'école à créer des compagnies et d'être sur le terrain. Malheureusement il n'y a pas eu de politique culturelle, pas de politique théâtrale. La section d'Art dramatique a été réouverte mais au bout il n'y avait rien. Ces jeunes qui ont été formés à l'école des arts au bout de quatre ans, étaient laissés à eux mêmes. Ce qui est déplorable puisque la plupart est allée faire autre chose que du théâtre. Je suis désolé de le dire mais il n'y a aucune politique pour le théâtre. Seuls les plus téméraires sont restés, mais le gros de la troupe est parti.

    Comment arrivez-vous à financer vos créations ? Bénéficiez-vous de subvention de l'Etat ?

    Nous recevons des subventions de l'Etat, mais qui ne couvrent pas nos besoins. Une création demande beaucoup d'argent, au minimum dix millions, même si c'est une petite création. Nous somme obligés d'aller chercher l'argent ailleurs. Aujourd'hui, 90% du budget de nos créations sont financés par des partenaires extérieurs comme la Francophonie, Africalia, etc... Ici, c'est la Fondation Sonatel et la Présidence qui nous aident un peu quand nous voulons monter des projets. Il est vrai que les « Gueules Tapées » ont fait leurs preuves à l'époque, notamment à l'étranger, nous avons gagné des prix et avons été reçus par le président de la République. Nous avons une certaine notoriété qui nous permet d'avoir un peu d'argent avec nos créations. Mais les autres ? Il ne s'agit pas seulement d'aider un groupuscule de comédiens. Le plus important est d'élaborer une politique culturelle, théâtrale qui doit sous-tendre ce que nous faisons et permettre à cet art de se développer et que les artistes en vivent. Il ne peut y avoir dans un pays un seul théâtre institutionnel, comme Sorano. Il n'y a pas de « concurrence » à ce niveau, ce qui fait que forcément le théâtre est mourant.

    Donc le théâtre Sénégalais est malade ?

    Il agonise parce qu'un malade on le guérit. Non je le répète le théâtre est mourant. Et si on n'y prend garde, dans quelques temps nous allons tous aller vendre du poisson ou autre chose (Rires).

    Quelles sont les solutions, s'il y a réellement une politique culturelle, particulièrement pour le théâtre ?

    Souvent on nous dit : « vous n'êtes pas organisés. C'est un faux débat. Désolé pour ceux qui le disent, mais nous sommes très bien organisés. Je côtoie des compagnies du monde entier et je sais que nous sommes très structurés de ce point de vue là. Nous sommes des professionnels et nous faisons du bon travail. Le problème est ailleurs : dans tous les pays du monde, le théâtre est subventionné. Pourquoi dans ce pays on subventionne les écrivains à hauteur de 500 millions, la presse, le cinéma au même niveau etc... tout le monde sauf une tranche d'artistes dont les comédiens et leurs compagnies. C'est connu le théâtre n'est pas rentable. C'est comme le football où on met des milliards depuis des années sans résultats. Mais nous nous gagnons. Nous sommes des Sénégalais qui gagnent comme dirait le président Wade. Et nous l'avons prouvé. Mais rien ne suit. Nous recevons quelques subsides de temps à autre pour une manifestation ponctuelle et ça s'arrête là. Ce que nous avons envie de voir au Sénégal, c'est comme ce qui se passe au Burkina où la culture rayonne dans le monde entier parce qu'il y a un dynamisme impulsé par l'Etat et où les artistes ont le cadre pour s'occuper de l'essentiel : créer ! Parce qu'il y a une vraie politique culturelle et le finances suivent. Nous ne demandons pas des centaines de millions mais un environnement favorable pour la création. Et il faut que l'on sache dans ce métier qui est professionnel et qui est amateur. Le véritable problème du théâtre Sénégalais se situe à ce niveau. Il y a un amalgame qui, quelque part arrange les autorités. Que l'on s'entende, je ne parle même pas de la formation dans une école. Un comédien formé sur le tas peut être un excellent professionnel. Les amateurs sont ceux qui ont un autre travail et qui à 18H se retrouvent pour faire du théâtre. Et on nous fait croire que ceux-là sont représentatifs du théâtre Sénégalais. Il y a un problème qu'il faut régler à ce niveau.

    Pendant longtemps on a essayé de nous faire croire que le théâtre Sénégalais se limite à ce qui se fait à la télévision. Aujourd'hui ils ont envie de changer mais malheureusement ceux qui font du bon théâtre n'ont pas accès à la télé. C'est le revers de la médaille. Il faut des productions de qualité pour que les Sénégalais puissent avoir ce qui se fait de meilleur par les compatriotes et ce qui est au diapason du théâtre international. Les Ivoiriens et les Burkinabé font du théâtre et du cinéma qui est exportable parce que de qualité et qui est acheté par nos télévisions, alors que les produits Sénégalais actuels sont invendables à l'étranger.

    Vous avez initié depuis quelques années le Festart (Festival International du théâtre pour la paix). C'est quoi le Festart et comment est-il né ?

    Le Festart est une suite logique de la prolifération des compagnies privées, qui étaient très souvent invitées à jouer à l'étranger. Dans ces rendez-vous, nous nous étions rendu compte que le théâtre africain progressait et que nous nous étions un peu en retard par rapport aux autres pays. Nous avons cherché à comprendre les raisons de ce retard, alors que le théâtre sénégalais, il y a dix ans, vingt ans était en avance sur les autres. Nous avions dormi sur nos lauriers. Alors que les autres en organisant des rencontres internationales, faisaient pratiquement un bond qualitatif sur nous. Imaginez que dans un festival, dix des meilleures compagnies africaines viennent au Sénégal, se produisent pendant dix jours et que chaque compagnie joue deux ou trois fois ; au bout du compte le public Sénégalais aurait vu vingt à trente spectacles. Alors, sans des festivals de ce genre, on peut rester dix ans au Sénégal sans voir autant de pièces de qualité. Et tout le monde sait qu'en termes de formation de public et d'acteurs, il est essentiel que ce qui se fait à l'extérieur soit vu ici et inversement. C'est ainsi que nous avons créé ce festival pour montrer ce qui se fait de mieux au niveau continental et ainsi jauger notre niveau de progression. Nous préparons la 5éme édition du Festart, malheureusement dans un contexte où la plupart des jeunes compagnies ont disparu. C'est la croix et la bannière.

    Etes-vous soutenus par l'Etat pour l'organisation de ce festival ?

    Oui pour le festival, l'Etat nous a toujours soutenu à hauteur de deux, trois, maximum cinq millions. Mais ça c'est le travail de feu Sékou Cissé qui était Directeur des Arts, qui avait cru au projet dès le début, et qui s'est battu pour que ce festival existe. C'est grâce à lui que nous avons eu la première subvention. C'est l'occasion de lui rendre un grand hommage.

    Comment se portent les « Gueules tapées » ?

    Les « Gueules tapées » se portent bien, surtout cette année. Il y a des années où nous étions complètement découragés, où j'avais envie de jeter l'éponge et d'aller monnayer mon talent ailleurs, et Dieu sait que je peux le faire. Et des gens me demandent : « pourquoi tu restes au Sénégal ? ». C'est une vielle histoire, une histoire particulière avec le Sénégal. J'ai envie de rester et je vais continuer à rester. J'aime mon pays. Comme disait l'autre : « mon pays ne m'aime pas autant que je l'aime » (Rires). Nous avons fait deux créations cette année, une création que nous avons reprise : « Le clan du destin » (un jeu de mots avec CLANDESTIN) et qui parle d'immigration clandestine, que nous avons joué trois fois à Sorano. Ensuite nous avons joué la fameuse pièce de Wolé Soyinka : « La mort et l'écuyer du Roi » dans le cadre de la Biennale à Sorano. Et la Présidence de la République nous a appuyés dans ce projet. Donc « Les Gueules Tapées » se portent bien malgré les difficultés. Nous avons représenté le Sénégal au Festival de la Guinée (Conakry) avec succès, ce qui nous a ouvert une autre possibilité de tournée en Novembre/Décembre dans cinq ou six pays de la sous-région et en Afrique Centrale autour de la pièce « Le clan du destin ».

    As-tu un coup de gueule à pousser ?

    Ah oui ! C'est la fermeture de l'Ecole des Arts. Nous avons été formés et encadrés dans cette école par des professeurs comme Mamadou Diop, Abdou Ndiéguéne, Moustapha Mbaye. Et c'est grâce à ce travail que nous sommes devenus des hommes de théâtre et des professionnels. Ils se sont battus en 1990 pour que l'école qui était fermée réouvre ses portes. Et aujourd'hui l'histoire se répète, l'école est fermée depuis 2001 / 2002. Parce qu'il y a un travail préalable à faire : si les élèves qui vont à cette école se rendent compte qu'après leur formation, il n'y a rien, il est évident qu'il n'y a pas d'émulation. C'est exactement ce qui se passe. Personne ne voulait s'inscrire dans cette filière, parce qu'il n'y a pas d'avenir au bout et cela dure depuis cinq ou six ans. Une réforme a été initiée qui tend à faire de l'Ecole des Arts un Institut Supérieur. Le décret est dans le circuit administratif. Mais en attendant il y a des jeunes, pas beaucoup, mais qui veulent être formés. Il faut qu'on arrête de nous seriner que le théâtre Sénégalais est le meilleur d'Afrique. Ce n'est pas vrai. Je suis désolé, j'ai fait presque tous les plateaux en Afrique, je sais que le Burkina est en avance sur nous, sur beaucoup de choses, simplement parce qu'il a une politique digne de ce nom qui crée un engouement pour le théâtre et le travail bien fait. Je peux prendre également l'exemple du Bénin, où l'Etat octroie 200 millions de FCFA pour le festival et le théâtre. C'est le plus grand festival en Afrique. Et le Conseil d'Administration de ce festival est géré par les artistes. Voilà un exemple à multiplier en Afrique.

    Quel est ton projet immédiat ?

    Je cherche les moyens pour faire du prochain Festart l'un des plus grands événements médiatiques avec des amis étrangers et des partenaires. Et il me tient à cœur d'inviter Wole Soyinka à Dakar pour que sa pièce « La mort et l'écuyer du Roi » soit jouée devant lui. Une façon de rendre un hommage à la hauteur de l'image d'un des plus grands dramaturges du monde qu'il est. Je voudrais également que Jamel Debouze l'excellent et humoriste comédien Français soit parmi nous. N'oublions pas que Wolé Soyinka, Prix Nobel de littérature est un des nôtres et que Festart veut dire Festival International du Théâtre pour la Paix. Tout un symbole !

    Mama wane, source Le sentinelle 

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    22 juin 2008 7 22 /06 /juin /2008 23:16
    dossier de spectacle

    La mort et l'écuyer du roi : Tragédie au pays Yoruba


    Les compagnies Gueules Tapées (Sénégal) Bivelas (Congo), et Graines de Soleil (France) ont interprété, le 14 mai dernier, sur les planches de Sorano, un classique du théâtre africain : La mort et l'écuyer du roi du Prix Nobel nigérian Wolé Soyinka. Une tragédie coloniale qui plonge dans la métaphysique Yoruba.


     

     


    Interpréter Soyinka dans l'es
    prit et dans le texte est un défi, un pari risqué. Surtout pour des artistes relativement jeunes. Car le Prix Nobel est connu pour la densité de sa prose, la hauteur de son verbe. Et La mort et l'écuyer du roi, c'est du Soyinka tout craché. On y retrouve toutes les recettes et le génie du dramaturge nigérian : des paraboles à foison, de la mystique Yoruba, l'absurdité de l'esprit colonial, l'incohérence des cultures indigènes. Au pays Oyo, une étrange coutume veut que la mort du roi soit suivie, trente jours après, par celles de son cheval, son chien. Jusque-là rien de vraiment inhumain. Mais jamais suffisamment cruelle, la tradition exige aussi que le garçon d'écurie, le pauvre Elesin, subisse le même sort que le bétail royal. Histoire,dit-on, de soulager l'âme du souverain et de l'accompagner gentiment au royaume des Morts.


    Imbu de sa conscience toute coloniale Mr Pilkings, l'administrateur, et incarnation du bon sens, entend empêcher le crime rituel. Il coffre l'écuyer et le place sous haute surveillance policière. Qu'on l'accuse de profanation, de mépris à la culture locale, il est convaincu de porter secours à une personne prête à se donner la mort, sous prétexte de perpétuer la tradition de ses pères. Elesin a beau crier ‘laisser moi sortir accomplir mon devoir', le colon n'y voit là qu'un avatar d'une ‘coutume bâtarde'.


    Olundé, le fils du brave écuyer, est sans doute le dernier esprit éclairé dans cette contrée ‘barbare'. Jeune cultivé, frais émoulu de l'école britannique, il est rentré du pays dès qu'il a appris la mort du roi. Mais quatre ans passés à étudier la science du Blanc, et l'éloignement n'ont pas suffi à lui gommer les croyances originelles. Il reste le plus zélé défenseur de la coutume indigène, honnit son géniteur de ‘retarder le passage du roi' et méprise le fantôme blanc, blasphémateur obstiné. ‘Vous n'avez aucun respect pour ce que vous ne connaissez', balance Olundé à l'administrateur sur un ton qui trahit un règlement de comptes coloniaux. C'est connu : la tradition est coriace. Il faut que la destinée s'accomplisse. La pièce bascule immanquablement dans une double tragédie. Pour guider l'âme de Sa Majesté au royaume des cadavres, père et fils y laisseront la vie. Mêmes morts, les rois restent tyranniques !


    Le drame surréaliste s'inspire de faits réels, qui eurent lieu en 1946 à Oyo, une cité du pays Yoruba, dans l'actuel Nigeria. Le texte de Soyinka est tour à tour cocasse, émouvant, révoltant et instructif. Les dialogues des comédiens sont truffés de paraboles, de sagesse et de bêtises africaines.


    Les compagnies Les Gueules Tapées (Sénégal) Bivelas (Congo Brazza) et Graines de Soleil (France) ont eu l'intelligence de saisir l'essence de la pièce, en évitant de s'encombrer d'artifices superflus. Le décor est sobre, les costumes recherchés sans faire dans le ‘copier-coller'. La musique plutôt contextuelle. Même si, on peut déplorer quelques inutiles longueurs dans une mise en scène globalement réussie.

    La pièce a été interprétée le 14 mai dernier au Théâtre national Daniel Sorano, dans le cadre des activités ‘annexes' de la huitième Biennale de l'art africain contemporain (Dak'art).

    Soure : Soleil / Abdou Rahmane MBENGUE

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    17 mai 2008 6 17 /05 /mai /2008 19:39
    Festival de théâtre
    Les sénégalais impressionnent le public du Centre Culturel Franco-Guinéen !

       Dossier de spectacle à télécharger

    La compagnie "les Gueules Tapées" du Sénégal a fait forte impression devant des centaines de spectateurs, le mercredi 27 février 2008 à 17 heures au centre culturel franco guinéen

    Ce, à l'occasion de la sixième édition consécutive du festival international de théâtre. C'était beau à vivre!

    C'est avec beaucoup de maîtrise et d'aisance que la   compagnie "les Gueules Tapées" du Sénégal a présenté la pièce "clan du destin" sur la grande scène du centre culturel franco guinéen. La mise en scène, le jeu des acteurs, le décor et autres ingrédients étaient réunis pour une bonne représentation. Le thème de cette oeuvre dramatique démontrait et dénonçait cette immigration clandestine auquelle de nombreux jeunes

    africains se livrent chaque jour. D'où certains payent le
    prix de leur vie pour rejoindre l'Europe qu'il considère comme l'Eldorado. Chose qui n'est pas évidente de nos jours.

    A signaler que "clan du destin" interprêtée par la compagnie "les Gueules Tapées" du Sénégal a marqué les esprits des organisateurs et surtout celui des étudiants de l'Institut Supérieur des Arts de Guinée (ISAG) qui ont fait un déplacement massif à ce festival. Le pays de Me Abdoulaye Wade vient de confirmer une fois de plus, tout le bien que l'on parle de lui dans le domaine du théâtre. Nombreux sont les étudiants de la filière interprètation de l'ISAG qui se demandent à quand leur tour.

    Aly Léno : Dépuis Conakry pour la radio-kankan


    Le Clan du destin Prochainement en tournée en Afrique 

    • Mi-octobre Mauritanie (à confirmer )
    • du 21 au 28 octobre 2008 FITAP Togo (confirmé)
    • du 29 octobre au 2 novembre 2008 Bénin (à confirmer)
    • du 3 au 10 novembre au FIADPUP, Tchad (à confirmer )
    • du 18 au 24 novembre 2008 RETIC,Cameroun (confirmé)
    • 1er au 7 décembre 208 Réalités au Mali (confirmé)
    • 7 au 14 décembre 2008 JOUTHEC au Congo( confirmé)




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