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La Présidence soutient Les Gueules Tapées
 
30 août 2008 6 30 /08 /août /2008 05:35

Les festivals de théâtre et leur contribution au développement durable

Du 22 au 30 Mars 2008 s'est tenue à Cotonou la 9ème édition du Festival International de Théâtre du Bénin (FITHEB). A l'instar du Bénin, nombreux sont les pays africains qui accueillent un festival de théâtre. A quoi servent ces rencontres et en quoi profitent-elles aux populations? Autant de questions qui demeurent toujours en suspens...


Du 22 au 30 Mars 2008 s’est tenue à Cotonou la 9ème édition du Festival International de Théâtre du Bénin (FITHEB). A l’instar du Bénin, nombreux sont les pays africains qui accueillent un festival de théâtre. A quoi servent ces rencontres et en quoi profitent-elles aux populations? Autant de questions qui demeurent toujours en suspens…


Exceptés le Fitheb et le Masa à Abidjan, tous les festivals de théâtre sont organisés par des opérateurs indépendants. Même si les soutiens financiers étatiques sont maigres, voire quasi inexistants, cette nouvelle liberté a permis aux artistes de prendre en mains leur destinée. Des contacts plus fructueux se sont noués avec les structures occidentales. Les réseaux interafricains fonctionnent de compagnie à compagnie et de personne à personne. Les festivals offrent ainsi aux populations africaines un accès aux productions théâtrales. Ils incarnent aussi l'image d'une culture «démocratisée». Parce que le théâtre est également un loisir, les festivals participent à l'animation des cités et des villes. Il existe bien une interaction entre le festival et son territoire, sa ville, son pays ou sa région. Toutefois, les moyens de financement de ces manifestations culturelles dévoilent un système contradictoire : monter une coproduction internationale est une des seules voies pour trouver des moyens financiers, quand bien même cette option coûte bien plus cher qu'une production nationale. Cette contradiction économique se retrouve bien évidemment en termes artistiques. L'influence des producteurs et des artistes du Nord entraîne les créateurs du Sud, volontairement ou non, vers des formes adaptables au contexte occidental. Cette direction est d'autant plus privilégiée que le spectacle prétend tourner en Europe.

État des lieux en Afrique francophone

En Afrique francophone, le soutien financier émane essentiellement d'institutions de coopération européennes et est presque exclusivement dédié à des productions intercontinentales. Pour exister hors de ce système, les compagnies se tournent souvent vers la production d'un théâtre au service des ONG, de programmes internationaux de développement ou plus rarement vers des télévisions nationales ou régionales. L'Afrique francophone offre un développement culturel largement inspiré des modèles français et belge via les instituts, les Alliances, les centres culturels et le système de coopération culturelle. L'Afrique de l'Ouest qui bénéficiait d'une relative stabilité politique jusqu'à ces dernières années compte de nombreux festivals de théâtre, appuyés notamment par de réels réseaux de contacts. En revanche, l'Afrique centrale, marquée par une instabilité politique récurrente, constitue une région peu favorable au développement d'activités artistiques. Pourtant, malgré cette situation complexe, des acteurs culturels ont affirmé leur présence par l'écriture ou par l'existence de manifestations ou de troupes revendiquant leur indépendance, souvent grâce à une dynamique collective. La dynamique du théâtre professionnel existe essentiellement grâce aux subventions des organisations internationales (Organisation intergouvernementale de la Francophonie - OIF -, délégations européennes, organisations interafricaines), représentations diplomatiques ou fondations étrangères (Allemagne, Belgique, France, Pays-Bas, Suisse...) Il existe également dans de nombreux pays francophones, des théâtres nationaux composés de ballets et d'une section d'art dramatique. Les ballets, souvent traditionnels, trouvent à se produire et s'exportent. Les troupes de théâtre ont beaucoup plus de difficultés à monter des spectacles car elles n'ont aucun moyen de production. Quelques pays, comme le Mali ou la Côte-d'Ivoire, ont mis en place des fonds d'aide à la création. Mais les sommes dégagées sont souvent minimes ou soumises aux aléas de la situation politique. Les compagnies sont donc dans une économie de survie. Elles trouvent les moyens d'exister où elles le peuvent : auprès d'entreprises locales, notamment de fabricants de bière ou de cigarettes, ou auprès d'ONG, de l'OMS et des programmes nationaux de lutte contre le Sida. Les artistes et les opérateurs culturels sont souvent obligés d'exercer un autre métier pour subvenir à leurs besoins. Les compagnies ont globalement très peu de moyens, aucune certitude de soutien financier, peu de ressources propres et, lorsqu'ils existent, des salaires dérisoires. Ces difficultés obligent les artistes à faire preuve d'une réelle ingéniosité pour mener à bien leurs productions et toucher un public.

Une vitrine pour les pays d'accueil

Néanmoins, les festivals ont aussi un rôle et un potentiel économiques indéniables. Ils peuvent être médiatisés et offrir une vitrine internationale aux pays d'accueil. Mais surtout ils représentent une source de revenus pour l'économie locale, non seulement grâce aux subventions des organisations internationales, des représentations diplomatiques, des fondations étrangères et des organisations non gouvernementales. Mais aussi parce que les deux tiers de leurs dépenses sont liés aux transports internationaux, à l'hébergement, à la restauration et à la logistique. De plus, ils constituent en Afrique subsaharienne le seul marché de diffusion des productions théâtrales, en l'absence quasi généralisée de lieux avec une programmation régulière. Sur une année, ils présentent une moyenne d'environ 400 spectacles, soit au total plus de 3 000 représentations.  Pour autant, l'impact grandissant du marché international de l'offre et de la demande théâtrale ne doit pas faire oublier l'absolue nécessité d'un marché local ou national, plus permanent. Un marché du théâtre africain dépendant principalement de l'aide internationale est source de fragilité et de vulnérabilité liées à l'arbitraire de décisions non maîtrisables. L'existence même des festivals constitue une demande certaine ou potentielle de productions théâtrales. Pour y répondre, les productions doivent s'inscrire dans une échéance. Les dates des festivals sont fixes et, a priori, respectées. Cette réalité contraint les troupes à plus d'exigence dans la gestion du temps et à présenter un «produit » de qualité, pour espérer revenir à nouveau. La présence du public et des professionnels venus d'autres pays est aussi une manière de se confronter à la critique. Les différentes actions de formation organisées par les festivals ont eu des conséquences sur les métiers et la professionnalisation. La production du théâtre est ainsi directement influencée par les festivals, en interne ou en externe. En étant à la fois des lieux et des moments de confrontation aux publics, les festivals permettent aux artistes d'accroître leurs pratiques et d'améliorer ainsi leur propre répertoire. Pourvoyeurs de tournées, de déplacements, de coproductions, entre Africains et plus seulement avec les structures du Nord, ils facilitent les contacts entre directeurs de festivals, metteurs en scène, directeurs de troupes et favorisent l'émergence de réseaux d'échanges et de complicité. Des affinités se créent lors d'échanges directs, préalables à la construction de nouveaux projets.

Auteur(s) / source : Franck Raoul PEDRO (Sudplanète)     

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