Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : FEST'ART
  • FEST'ART
  • : Le théâtre au service de la paix
  • Contact

Profil

  • Festival International Théâtre pour la Paix
  • Le Seul festival International de théâtre professionnel au Sénégal
  • Le Seul festival International de théâtre professionnel au Sénégal

Notre devise

LE THEÂTRE AU SERVICE DE LA PAIX. LE TÔTEM DU THEÂTRE SÉNÉGALAIS

Rechercher

Archives

La Présidence


Son Excellence Monsieur Le président de la République Maître Abdoulaye WADE en présence du Ministre de la Culture Monsieur Amadou Tidiane Wane Accueillant Le Directeur de la Cie les Gueules Tapées pour le sénégal qui gagne

La Présidence soutient Les Gueules Tapées
 
10 décembre 2006 7 10 /12 /décembre /2006 17:00

Au programme du FEST'ART Le Clan du destin ou Mbëk mi L’émigration clandestine sur les planches de Sorano

 

 La grande première de la pièce de théâtre Le clan du destin ou Mbëk mi a eu lieu jeudi dernier au Théâtre national Daniel Sorano. Mise en scène par Macodou Mbengue, la nouvelle création de la compagnie Les Gueules Tapées met sur les planches le problème de l’émigration clandestine.

Contribuer par un cri de désespoir, rythmé par le verbe et le corps, mais aussi donner la parole à ceux qu’on appelle des clandestins pour qu’ils parlent d’eux-mêmes avec leurs propres mots, puisqu’ils sont les plus éloquents, les plus exhaustifs. C’est ce qu’a fait Macodou MBENGUE, à travers sa pièce de théâtre Le clan du destin ou Mbëk mi, qui a été jouée jeudi dernier au Théâtre national Daniel Sorano. L’histoire mimée par les comédiens en partenariat avec le Théâtre national Daniel Sorano, redonne en effet, une dimension humaine à ce drame qu’est l’émigration clandestine.

Inspiré des œuvres Tu ne traverseras pas le détroit de Salim Jay, La réclusion solitaire de Tahar Ben Jelloun, Le ventre de l’Atlantique de Fatou Diom, cette pièce qui porte sur l’émigration clandestine a transporté le public, sur les bords de la Méditerranée où trois candidats à l’émigration se partagent le bonheur de la traversée comme le malheur de mourir. Mais pourquoi veulent-ils partir ? Pourquoi tout le monde veut-il qu’ils restent ? La réponse à ces interrogations a été confessée sur cette scène, avec l’apport de chaque clandestin qui avait son histoire propre et ses raisons de rêver d’une vie meilleure en Occident.

Faisant découvrir, chacun à sa manière, son univers, ces candidats à l’exil ont su, par un texte lyrique et des intonations de voix tantôt douloureuses, tantôt courageuses, mais surtout par la force des mots, placer le public dans une posture d’appréciation du phénomène de l’émigration, dans ses moindres revers. La trame du récit fait agir trois personnages qui tentent désespérément de regagner les rives du Nord réputé prospère. «Un jour, nous trouverons un jour terre en vue. Ce sera le jour où notre dignité deviendra évidente à autrui... Nous ne seront plus surveillés comme des évadés repris de justesse.» Telle semble bien être l’ultime raison de vivre de ce «clan du destin», qui, fortuitement et au cours d’une interminable attente d’un passeur, rencontre un homme de Dieu, que tout un village a supplié d’aller chercher ses fils disparu dans les flots de la clandestinité, avec son cercueil.

Ce prêtre mi-figue, mi-raisin, parce que partagé entre la foi en Christ et les pratiques vaudous, va, avec l’appui d’un policier, présent lui aussi sur les lieux, essayer de pousser les aventuriers aux découragements. Ils essayeront, chacun à sa manière et par des armes différentes, de dissuader les clandestins à poursuivre leur aventure. Mais dans cette tentative de dissuasion, naîtra une solidarité, née de l’intérêt de chacun des personnages. «Partir ou rester ?» Tel est la vraie question. Mais que faire ?

«A quoi cela ressemble-t-il d’avoir conquis le droit d’avancer, le droit de reculer, le droit de sauter, une ou plusieurs cases», s’interrogent, face à ce dilemme et plus souvent, ces voyageurs qui n’ont cependant pas perdu de vue que «chaque miette de la vie doit servir à conquérir sa dignité». Pour eux : «Si tu es déterminé, une seule pensée doit inonder ton cerveau. Partir loin.» Malheureusement, ce ne sera pas leur cas. Le chemin à parcourir restera encore long. Car, l’un des clandestins sous le coup de feu du policier trouvera tragiquement la mort. Le choc est grand et pousse au découragement total dans ce «clan du destin». Les propos amusants et les discours quelques fois comiques des acteurs de cette pièce théâtrale se transforment en cri de détresse. Dénouement malheureux ! Le plus grand mal de l’émigration clandestine venait ainsi de se produire : la mort.

Dans la salle, la musique jusque-là gaie se transforme en requiem, pour noter la tristesse du drame et amener chaque spectateur à tirer une leçon de cette histoire plutôt pathétique. Et devant cet auditoire, le cercueil baptisé «pirogue à destination de la mort», transporté par l’homme de Dieu, a eu raison des émigrants, pour avoir enfin recueilli le corps devant calmer tout un village de sa détresse. Heureusement que devant sa silhouette inerte, ses compagnons au voyage ont gardé de lui, une leçon de vie, qu’il n’a pas manqué de leur léguer lors de cette malheureuse aventure : «J’ai piétiné la terre noire de l’ouest au nord… Partir sans se retourner. On ne retourne pas quand on marche sur la corde du rêve.»

Interprété par Sadibou Manga, membre fondateur des «Gueules tapées», Anne marie Dolivéra de la compagnie F ’Ame, Pierre Koudédé Seck, et Roger Sambou du Théâtre national Daniel Sorano, Le clan du destin mérite bien, de l’avis de certains spectateurs, d’être repris dans tout le Sénégal et partout en Afrique.

Gilles Arsène TCHEDJI - Source le Quotidien 

Repost 0
Festival International Théâtre pour la Paix - dans La Compagnie
commenter cet article
10 décembre 2006 7 10 /12 /décembre /2006 15:40

Le Clan du destin ou Mbëk mi


La compagnie « Les Gueules Tapées » a présenté, jeudi dernier à Sorano, la pièce intitulée « Le Clan du destin ou mbëk mi ». Mise en scène par Macodou Mbengue, la pièce évoque l’immigration clandestine autour de personnages échangeant leurs tranches de vie en attendant, au bord de l’océan, un hypothétique passeur. L’immigration clandestine représentée sur les planches. La démarche pouvait se révéler périlleuse et risquer de tomber dans le genre mélodramatique. Mais la difficulté a été heureusement contournée pour trouver le ton juste et les mots vrais exprimant le désespoir de deux hommes et d’une femme. Déterminés à aller vers cet ailleurs où ils croient pouvoir obtenir tout ce qui leur manque chez eux : un travail, une reconnaissance et une dignité. Par un jeu de mots et un échange sémantique, le titre de la pièce, « Le Clan du destin ou mbëk mi », fait déjà référence à la situation à laquelle sont confrontés les protagonistes. Camarades d’infortune, ils se retrouvent au bord de l’océan, attendant un hypothétique passeur. Ils font connaissance, se racontent leurs vies, mais surtout cherchent, ensemble, le moyen de partir. Ils croient l’avoir trouvé en voyant un prêtre, traînant derrière lui un cercueil. Ce quatrième personnage est venu attendre, pour sa part, que la mer rejette un des fils de son village, mort durant la traversée, comme d’innombrables autres victimes de l’immigration clandestine. Les candidats au départ, qui avaient d’abord pris le prêtre pour leur passeur et le cercueil pour la pirogue tant convoitée, s’aperçoivent de leur méprise. Le temps de se reprendre, par une formule humoristique, voire satirique, l’un d’entre eux décide et déclare : « cercueil, je te baptise pirogue ». Sur le même registre d’humour décalé, le personnage féminin adopte une attitude masculine jusqu’au moment où il abandonne son côté androgyne pour faire usage de sa féminité. Cherchant à séduire, pour endormir sa méfiance, le représentant de la loi, autre personnage de la pièce, qui veut les arrêter. A l’un de ses compagnons qui l’accuse de se prostituer, elle rétorque : « ce n’est pas de la prostitution, c’est de l’intégration ». Tout au long de la pièce, le drame est tourné en dérision. Alternant la gravité de la situation présentée avec des répliques et un jeu des comédiens suscitant les rires des spectateurs. Parce qu’ils arrivent à rire d’eux-mêmes, le public peut aussi rire avec eux. Bien décidés à tout faire pour servir leur dessein, les personnages vont même jusqu’à se débarrasser de leurs noms, comme ils se débarrassent du reste. Ils se nomment « moi », « toi » et « elle ». Parce que devenir un clandestin, c’est aussi dissimuler son identité, sa nationalité pour ne pas risquer le rapatriement. Gagner le plus de temps possible avant l’inéluctable retour à la case départ. Pour les survivants. Leurs passeports déchirés, leurs habits enlevés, le tout empilé au milieu de la scène ; ils se dépouillent de leur identité, de leur nationalité, peut-être de leur humanité, pour tenter de reconquérir une dignité. Ailleurs. Poussés par une volonté farouche de « partir sans se retourner », dit l’un des personnages. « On ne se retourne pas quand on marche sur la corde du rêve... ». Cependant, parmi toutes ces répliques puisées à partir de trois œuvres d’auteurs que sont : « Tu ne traverseras pas le détroit », de Salim Jay, « La réclusion solitaire », de Tahar Ben Jelloun et « Le ventre de l’Atlantique », de Fatou Diome, celle en wolof, la seule de la pièce, semble sonner encore plus juste. En abandonnant pour un instant le français pour sa langue maternelle, l’un des protagonistes résume tout le pourquoi de cette entreprise périlleuse. Un homme qui vit encore chez ses parents et qui supporte de plus en plus mal sa situation. Dans une société où l’échec ou la réussite d’un individu est directement imputable à la mère, avec le fameux « liggeyu ndèye ». Toute une pesanteur sociale qui constitue autant d’alibis pour des jeunes qui situent le bout du tunnel du côté de l’Occident. Une pièce à la mise en scène réussie et remarquablement interprétée par les comédiens Pierre Koudédé Seck, Roger Sambou, Anne-Marie D’Olivera, Ousseynou Bissichi et Sadibou Manga.


KARO DIAGNE source Soleil

Le Clan du Destin / MBêk mi (en Wolof )
Repost 0
Les Gueules Tapées - dans La Compagnie
commenter cet article
29 mars 2006 3 29 /03 /mars /2006 02:25

Macodou Mbengue, directeur de la Compagnie Les Gueules Tapées : «Ceux qui sont payés pour réorganiser le secteur du théâtre cherchent des militants…»

Comédien doublé d’un metteur en scène, Macodou Mbengue diagnostique le théâtre sénégalais. Des difficultés de la création au Festival de théâtre pour la paix (Fest’Art) qu’il a initié, le directeur de la Compagnie Les Gueules Tapées survole le paysage théâtral avec des mots crus pour dénoncer les véritables acteurs de «cette mort précipitée» du secteur du quatrième art au Sénégal.

En tant qu’acteur actif du théâtre, pouvez-vous nous faire un tour d’horizon du théâtre sénégalais ?

C’est une situation un peu morose par rapport à ce qui se faisait. L’état actuel du théâtre au Sénégal est en déperdition. Les initiatives prises ne sont pas appuyées souvent sur le plan national. Et il y a une confusion qui se fait au niveau du théâtre. Souvent, on fait foule autour du théâtre, on ne fait pas la distinction entre théâtre professionnel et théâtre privé. Je sais que ça arrange certains de tout mettre dans un même panier parce que quand on parle de théâtre, les gens ne réfléchissent pas pour savoir de quoi il s’agit véritablement. Et je donne l’exemple des footballeurs qui est un exemple terre-à-terre. Quand on parle de foot, on sait qu’il y a des professionnels qui vivent de ce métier et qui font leur travail comme il faut. Ces gens-là, on ne les compare pas à ceux qui jouent aux navétanes. La différence, elle est nette et nous, nous avons un problème au niveau du théâtre. On confond les gens qui sont dans ce métier et qui font une activité annexe. Ils ont un travail en dehors du théâtre et peut-être le soir, quand ils reviennent, ils s’amusent avec le théâtre. Alors qu’il y a des gens qui ne vivent que de çà et qui ont été formés pendant des années à l’Ecole nationale des Arts (Ena). Mais aujourd’hui, on a comme l’impression que la confusion arrange les autorités de tout mettre dans le même panier parce qu’il est plus facile d’aider les gens qui sont dans l’amateurisme que de s’occuper du théâtre professionnel.

Quelles sont concrètement les difficultés du théâtre professionnellement parlant ?

Le théâtre n’est pas rentable. Cela est connu et dans tous les pays du monde, le théâtre est subventionné. Et dans tous les pays du monde il y a une politique théâtrale qui permet au secteur de se développer et de pouvoir survivre. Mais aujourd’hui, au Sénégal, quelle est la politique théâtrale ? C’est ça la question, car ce n’est pas à nous, acteurs culturels, de définir ce que c’est la politique. Nous, ce que nous pouvons faire, c’est exercer notre métier. Il y a des choses qui incombent aux autorités sinon le secteur ne pourra jamais se développer, c’est un problème fondamental. J’ai eu à donner des chiffres et des exemples. Ce que j’appelle la jeune génération du théâtre actuel, c’est une génération qui est née à partir de 1990. Parce que de 1980 à 1990, la Section art dramatique était carrément fermée. Après le départ de Senghor qui était un homme de culture et qui a initié une véritable politique culturelle, Abdou Diouf est venu au pouvoir et il avait des priorités par rapport au développement du pays. C’était la fameuse époque des ajustements structurels et la priorité était de développer le pays à travers d’autres secteurs. Donc la culture était marginalisée par rapport à cette époque : le Musée dynamique a été transformé en Cours de Cassation, la section art dramatique de l’Ecole des arts fermée. Et à un moment donné, sentant la nécessité d’assurer la relève, on a voulu redynamiser les choses. A Sorano, il n’y avait pas de relève. Et des professeurs de Théâtre se sont battus pour la réouverture de la section Art dramatique.

La marginalisation continue d’autant plus que la section arts dramatiques de l’Ena n’est plus fonctionnelle depuis 2001.

Quand la section a été réouverte, nous avons été les premiers à nous inscrire et je fais partie de cette première génération. Après la formation, des compagnies sont créées. Les Gueules Tapées, les 7 Kouss, le Zénith Art. Ces Compagnies, créées depuis 1996, sont en train de disparaître petit à petit. Et hormis Les Gueules Tapées qui survit, il reste des compagnies très boiteuses et Les 7 Kouss ont disparu.

Les Gueules Tapées ont survécu, car nous ne jouons pas ici au pays, c’est aussi simple que ça (rire). Nous essayons d’exporter nos créations parce que le pays ne nous propose rien. On n’a pas joué au Sénégal depuis trois à quatre ans et pourtant, on continue à se produire.

Un autre exemple aussi, c’est que depuis trois ans, dans le paysage théâtral, il n’y a pas une seule création. Il y a des réadaptations. C’est dramatique et j’ai essayé de faire des statistiques par rapport aux gens qui ont été formés au Conservatoire de 1990 à 2001. Ils sont nombreux à s’expatrier et le drame c’est qu’ils ne font plus le métier de théâtre, alors qu’ils ont été au Conservatoire pendant quatre ans. L’Etat a dépensé de l’argent pour les former et à leur sortie, ces jeunes partent vers d’autres horizons parce que chez eux, il n’y a pas de débouchés, il n’y a pas de retombées.

Lors de la Journée internationale du Théâtre, en 2005, l’ancien directeur de Cabinet du ministère de la Culture, à l’époque Mor Fall, avait promis la tenue d’un atelier pour la relance du théâtre. Où en êtes-vous actuellement ?

On attend que cette journée soit organisée. Mais jusqu’ici, on ne nous a pas proposé quelque chose.

Pour en revenir à votre festival, parlez-nous du Fest’Art ?

Le Fest’Art est né de la dynamique des compagnies privées. C’est toujours le théâtre privé, parce qu’à un moment donné, on était assez nombreux sur le paysage théâtral. Il y avait six à sept compagnies privées qui étaient nées de la réouverture de la Section art dramatique de l’Ecole des arts. Et la création était en train de proliférer à cette époque. C’était vraiment dynamique. En un moment donné, on a senti la nécessité de faire un pas en avant. Il ne s’agit pas simplement de faire des créations et de les interpréter au pays, ça ne sert à rien. Il faut aider les compagnies à s’expatrier, à jouer ailleurs, à montrer ce qu’ils sont en train de faire, mais aussi permettre aux autres Africains et aux autres de la diaspora de venir au Sénégal pour qu’on puisse mesurer l’état de l’avancement de la création au Sénégal. Et ça c’est important.

C’est la situation qui l’a imposé, car il fallait aussi progresser. On avait ouvert la Section art dramatique, on avait créé des compagnies. Mais il fallait aussi un pas supplémentaire en amenant des gens au Sénégal pour montrer à la population sénégalaise ce qui se fait ici comme ailleurs, mais aussi pour permettre aux jeunes troupes de se frotter avec d’autres qui viennent de l’extérieur. Sur le plan qualitatif, c’est un bond de cinq ans d’expérience parce que le festival permet de voir une trentaine ou une vingtaine de spectacles en 10 jours. Alors qu’on pourrait rester au Sénégal 10 ans durant sans voir ce nombre de spectacles. Un festival, c’est cela.

Plus haut, vous disiez que vous produisiez à l’étranger. Peut-on véritablement relancer de cette manière le théâtre au Sénégal ?

Bien sûr que çà pose un problème. Avez-vous la solution ? Moi je ne l’ai pas. (rire).

C’est à vous que je pose la question, car votre festival devait quand même participer à une meilleure connaissance du théâtre sénégalais ?

C’est un débat sur lequel je me suis appesanti depuis longtemps à la télévision. C’est que cela arrange les Sénégalais de rester devant la télé. Mais est-ce du théâtre, ce que les gens regardent à la télé ? C’est cela la vraie question. A mon avis, ce n’est pas du théâtre, car le théâtre, c’est quelque chose de vivant. C’est un spectacle vivant et quand il sort de ce cadre, ce n’est plus du théâtre. Il faut choisir de faire ou du théâtre ou du cinéma. Il faut faire la différence. Mais ce que les gens suivent tranquillement chez eux, à la télé, ce n’est pas du théâtre. C’est du cinéma au rabais. C’est ça le problème. Et c’est tellement mal fait que les gens qui ne connaissent pas le théâtre ont envie de l’apparenter à lui. Mais est-ce que les Sénégalais méritent çà ? Est-ce qu’ils ne méritent pas de voir quelque chose de bien fait ? Je suis sorti de l’Ena en 1995. Cela fait 10 ans que je me bats dans ce milieu-là et tous les gens avec lesquels je me battais sont tous partis parce qu’il n’y a rien ici.

Il faut une politique théâtrale et cela n’est pas de mon ressort, car je ne suis pas payé par l’Etat pour organiser le secteur du théâtre. Je le fais mais à mes propres frais. Mais en un moment donné, c’est sûr, je vais craquer et faire autre chose. Je suis artiste et je dois trouver un cadre favorable à l’expression de mon art. Il y a des gens qui sont payés pour le faire et qui ne font pas leur travail. Ils sont en train de faire de la politique pour mettre des gens derrière eux. Ils cherchent des foules, des militants politiques. Ils sont en train d’activer et d’attirer les foules au lieu de réfléchir concrètement sur l’état du secteur. Et d’ailleurs, le secteur du théâtre n’est pas leur souci. Ce qui les intéresse, c’est qu’à chaque fois qu’ils se déplacent, qu’il y ait foule derrière eux. Ces gens-là, c’est le ministère de la Culture que ça soit Safiatou Ndiaye Diop ou Mame Birame Diouf.

Certains disent qu’il n’y a pas de transparence dans la gestion du Fest’Art. Que les troupes sont uniquement convoquées pour jouer et qu’il y a un privilège accordé aux troupes étrangères. Que leur répondez-vous ?

Je suis prêt à discuter avec ceux qui le pensent ou le disent. Je suis un professionnel et il faut que les choses soient claires : je n’ai pas d’état d’âme et dans mon métier, je ne badine pas. Dès qu’on termine une édition du festival, la sélection pour la prochaine est automatiquement entamée. Le communiqué qui lance la sélection des compagnies est diffusé avec copie au ministère de la Culture qui le répercute à toues les régions du Sénégal, en plus d’une affiche à la direction des Arts. Mais maintenant, les compagnies qui ne répondent pas aux critères professionnels ne peuvent pas être sélectionnées et je l’assume. Moi, je ne travaille pas avec les amateurs, je demande un dossier de spectacle. Il y a dix compagnies sénégalaises qui participent au Festival. Donc ne me dites pas que je ne travaille pas avec les compagnies sénégalaises.

Bientôt le troisième Festival mondial des arts nègres (Fesman). Qu’attendez-vous concrètement de ce festival ?

Nous voulons que les choses bougent. Et je disais à quelqu’un que nous sommes en 2005. Le premier Festival mondial des arts nègres a eu lieu en 1966. Mais le Président Senghor a pensé le concept, 10 ans avant la manifestation et il a pris le temps de réfléchir et de donner un contenu à ce festival. Aujourd’hui, en 2006, c’est quoi la Renaissance africaine ? C’est là que se trouve le problème. Est-ce que le thème est d’actualité ? Est-ce que le concept est bien étudié ? Le Président Abdoulaye Wade a pensé revivre les événements de 1966 à travers ce Festival. C’est noble. Mais c’est aux hommes de Culture de réfléchir sur le concept par rapport au contexte actuel. C’est important. Est-ce que le concept est jusqu’à maintenant valable par rapport à ce qui se fait en 2005 ? Et maintenant, au-delà du concept, quel est le contenu de ce festival ? Je cherche à comprendre comme tout le monde, car je suis artiste et je suis interpellé même si les gens ne m’impliquent pas.

La culture, c’est mon métier, c’est ce que j’aime, c‘est ce qui me fait vivre. Donc je ne vais pas regarder des gens de passage mettre des bâtons dans les roues du secteur pour qu’il ne puisse plus se relever. Cela fait dix ans que je suis dans ce secteur et je n’ai jamais senti autant le danger qui plane sur le théâtre.

 

 Dossier publié dans le journal"le quotien le 28 mars 2006 à l'occasion de la célébration de la journée mondiale du Théâtre

 

 

Repost 0
Festival International Théâtre pour la Paix - dans Le Festival
commenter cet article
1 février 2006 3 01 /02 /février /2006 01:08

Membre fondateur, Directeur, metteur en scène de la compagnie "Les Gueules tapées" il a très tôt tâté la scène à RUFISQUE, sa ville natale. D’abord au lycée, puis dans son association de quartier où il fut remarqué et intégré à l’atelier de théâtre expérimental de Rufisque, une troupe semi professionnelle dirigé par le comédien metteur en scène Mame Birame Diouf. Il y incarne différents personnages dans une adaptation de l’aventure ambiguë de Cheikh Amidou Kane, de l’étrange destin de Wangrin de Amadou Hampâté Bâ, de l’enfant de Soweto de Zounga Bongolo, de Adja la militante du GRAS de Marouba FALL, de la confession de Ibrahima Sall , et du malentendu de Camus. Invité avec l’atelier à représenter le Sénégal au 1er Festival International de théâtre scolaire et universitaire de la Francophonie à Bouaké, il fut découvert par un professeur d’art dramatique qui conduisait la délégation.

Inscrit un an plus tard au Conservatoire National où il visite le répertoire classique, français et africains, dans des personnages variés et assiste ses professeurs dans plusieurs mises en scène crées au sein de l’établissement, entre autres : Pot de vin et consort, Adaptation de Maurice S. SENGHOR du revisor de GOGOL, la marmite de Kokambala, la décision de Cheikh Aliou NDAW, cahier d’un retour au pays natal de Aimé CESAIRE ; il en ressort 4 ans plus tard avec un premier prix d’interprétation.

Débute alors l’aventure avec la Compagnie « les Gueules Tapées » formée en 1995 par les diplômés de la première et deuxième promotion du Conservatoire après sa réouverture. Sous la direction du metteur en scène, coopérant belge Philippe Laurent, il participe à toutes les créations des Gueules Tapées : Les sketchs de Karl Valentin, « la Rentrée sans retour ou le retour sans rentrées», «Apocalypse Waaw», «Yaabooy», «Rien n’est plus comme avant depuis que Tintin n’est plus», «Ah ! Fric ! Ah ! C’est chic».  

Après le départ de Philippe Laurent, il fait montre de son expérience accumulée au cours des stages avec Françoise BLOCH et Holindo BOLZAN pour jeu farcesque et le masque grotesque, avec Buno BULTE pour Improvisation, avec Alougbine DINE pour le stage le rire noir,  pour le renforcement des capacités des metteurs en scène en Afrique dans le cadre du MASA, avec Sophie LOUKACHEVSKY pour le stage Vide tes Poches et la mise en espace de Volcan de Philippe MINYANA. Sa première expérience de mise en scène avec les Gueules Tapées fut un succès total. Il remporta avec La terre Com …promise legrand prix du FESTHEF 2001 et Prix du Meilleur comédien (Festival International de la Fraternité au TOGO). Depuis il a participé au Festival Africalia en Belgique, au FITMO à Ouagadougou, au JOUTHEC à Pointe Noire au Congo et à bien d’autres rencontres au Sénégal et en Afrique ; il a crée d’autres spectacles et encadré de jeunes générations de comédiens dans le cadre des ateliers du FEST’ART. 

Au cinéma et à la télévision, il tourne dans Demain la fin du monde, le choix de Madior de Ibrahima Sall , la Bataille de Guillé à la RTS, Fann Océan une coproduction RTS/RTBF, Mammy Mamours RTS-France 2,   RTS Der Capitain  deNova Film.

Comédien sollicité également dans d’autres structures et compagnies, il joue dans les deux plus grandes productions de la dernière décennie crée par le Théâtre National Daniel Sorano, le spectacle son et lumière, crée grandeur nature, joué pendant 6 ans à l’île de Gorée et dans Guy Jully une pièce de Cheikh Aliou NDAW, d’une durée de 4 heures 30 qui retrace la grande bataille du Saloum. Il incarne aussi le personnage central CREON de Ngoye, une Antigone d’Afrique adaptation de Antigone de Sophocle dans une tournée au Théâtre Saint Gervais de Genève (12 dates), à Yverdon en Suisse, à Annecy en France en 2003. Ce spectacle a continué son périple en automne 2004 sur demande générale au théâtre St Gervais (8 dates) et au Festival de Limoges. Il crée aussi le personnage de Horacio dans Hamlet avec la Boyokani Compagnie qui a fait le tour de l’Afrique dans une distribution internationale qui a regroupé le Sénégal, le Mali, la Côte d’Ivoire et le Congo Brazzaville.

Initiateur et Directeur du Festival International «Théâtre Pour la Paix » FEST’ART crée en 2001, il met son expertise d’administrateur au service du théâtre en créant le seul événement majeur de théâtre professionnel au Sénégal. Fort de ces trois éditions réussies, il prépare une rencontre des opérateurs culturels africains pour une meilleure optimisation de la circulation des artistes et des œuvres théâtrales en décembre 2006 en marge du Festival de théâtre des réalités à Bamako et, la quatrième édition du festival en mai 2007.

Repost 0
31 janvier 2006 2 31 /01 /janvier /2006 05:14

.

Le FEST'ART Festival International Théâtre pour la Paix
Centre culturel Blaise SENGHOR BP 7001 Dakar Médina

Tel / Fax: 221 33 824 9
8 38 / Mobile 221 77 643 37 15
mail:
macfestart@hotmail. com / festart2007@gmail.com

La Compagnie Les Gueules tapées
Centre Culturel Blaise Senghor BP 7001 Dakar Médina
Tél / Fax: 221 33 824 98 38 Mail:


Repost 0
Festival International Théâtre pour la Paix
commenter cet article