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LE THEÂTRE AU SERVICE DE LA PAIX. LE TÔTEM DU THEÂTRE SÉNÉGALAIS

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La Présidence


Son Excellence Monsieur Le président de la République Maître Abdoulaye WADE en présence du Ministre de la Culture Monsieur Amadou Tidiane Wane Accueillant Le Directeur de la Cie les Gueules Tapées pour le sénégal qui gagne

La Présidence soutient Les Gueules Tapées
 
22 août 2008 5 22 /08 /août /2008 17:03

Sénégal : « Le théâtre Sénégalais est ... »

Comédien, metteur en scène, dramaturge, Directeur de compagnies, Directeur de festival, autant de casquettes pour une seule passion : le théâtre. Sourire éclatant, rire facile et communicateur, Macodou est un personnage attachant. Autant il est jovial, autant il est grave quand il parle du théâtre. Il respire le théâtre. Il vit le théâtre. Il assène ses convictions sans concessions. La vie elle-même est un théâtre d'ombres que Macodou essaie de mettre en lumière.


La Sentinelle
 : vous faites partie d'une génération de comédiens qui, dans les années 95 a apporté un nouveau souffle au théâtre Sénégalais. Quel était le contexte ? Comment est née la compagnie « Les Gueules tapées » ?

Macodou Mbengue : La compagnie « Les Gueules tapées » est née du regroupement de deux pionnières de la nouvelle génération après la réouverture de la section d'Art dramatique en 1989/1990 qui était fermée pendant dix ans avec les politiques d'ajustement structurel. Après notre sortie de l'école, nous avons décidé de ne pas aller au théâtre Daniel Sorano. Nous avions envie de faire une autre forme de théâtre plus proche des populations. C'est ainsi que nous avons formé la compagnie « Les Gueules tapées » avec la première et la deuxième promotion sorties de l'école en 1994 et 95. L'aventure a commencé avec « la bande des 5 » qui avait bénéficié d'une bourse de stage au Conservatoire Royal de Liège en Belgique. A la même époque nous avions fait un stage avec deux professeurs Belges au niveau de la coopération, sur le jeu farcesque et les masques grotesques. Nous avons travaillé cette forme de théâtre et créé la compagnie en 1995. Tout est parti de là...

 

A l'époque nous fréquentions beaucoup le Théâtre Sorano, mais nous avions senti une certaine léthargie dans cette institution. Ce qui se faisait c'était les pièces historiques qui ne nous parlaient pas. C'était une autre époque. Ces pièces parlaient plus à ceux qui ont combattu avant les indépendances pour redorer le blason des peuples Noirs et leurs cultures. C'était bien mais nous n'étions pas de cette génération et nous pensions qu'il y avait aussi une autre forme de théâtre. Il y avait une balance entre le théâtre professionnel et le théâtre populaire. Techniquement, le théâtre professionnel faisait du bon travail mais sur le plan thématiques, le théâtre populaire était plus proche des populations. Nous avons donc voulu mettre ces deux formes de théâtre ensemble ; prendre le meilleur de chaque côté. Au bout nous avions créé un cadre avec ce que nous appelions : « chronique humoristique de la vie quotidienne et de la presse Sénégalaise », une sorte de revue des mutations de la société sénégalaise. Nous n'avions pas un mépris pour ce qui se faisait à l'époque, mais nous voulions faire autre chose ; être plus proches de notre société.

Cette période a été assez riche au niveau de la création des avec les jeunes compagnies, mais il semble que cet élan s'est un peu essoufflé. Que s'est-il passé ?

Les compagnies ont presque toutes disparu. Il y avait une émulation. Quand on sort de l'école, on est jeune et on a envie de faire ses preuves et à consentir des sacrifices inimaginables. C'est ce que nous avions fait. Nous avions tracé un chemin et les « 7 kouss » ont suivi les « Wakhkat », le théâtre de la rue, « le Zénith Art » etc... Il y avait un véritable engouement. Nous avons créé pendant deux à trois ans, quatre à cinq pièces, parce que nous avions rendez-vous avec l'actualité. Et le public attendait à chaque fois ce que les « gueules tapées » leur proposaient. Cette créativité a également poussé les jeunes qui sortaient de l'école à créer des compagnies et d'être sur le terrain. Malheureusement il n'y a pas eu de politique culturelle, pas de politique théâtrale. La section d'Art dramatique a été réouverte mais au bout il n'y avait rien. Ces jeunes qui ont été formés à l'école des arts au bout de quatre ans, étaient laissés à eux mêmes. Ce qui est déplorable puisque la plupart est allée faire autre chose que du théâtre. Je suis désolé de le dire mais il n'y a aucune politique pour le théâtre. Seuls les plus téméraires sont restés, mais le gros de la troupe est parti.

Comment arrivez-vous à financer vos créations ? Bénéficiez-vous de subvention de l'Etat ?

Nous recevons des subventions de l'Etat, mais qui ne couvrent pas nos besoins. Une création demande beaucoup d'argent, au minimum dix millions, même si c'est une petite création. Nous somme obligés d'aller chercher l'argent ailleurs. Aujourd'hui, 90% du budget de nos créations sont financés par des partenaires extérieurs comme la Francophonie, Africalia, etc... Ici, c'est la Fondation Sonatel et la Présidence qui nous aident un peu quand nous voulons monter des projets. Il est vrai que les « Gueules Tapées » ont fait leurs preuves à l'époque, notamment à l'étranger, nous avons gagné des prix et avons été reçus par le président de la République. Nous avons une certaine notoriété qui nous permet d'avoir un peu d'argent avec nos créations. Mais les autres ? Il ne s'agit pas seulement d'aider un groupuscule de comédiens. Le plus important est d'élaborer une politique culturelle, théâtrale qui doit sous-tendre ce que nous faisons et permettre à cet art de se développer et que les artistes en vivent. Il ne peut y avoir dans un pays un seul théâtre institutionnel, comme Sorano. Il n'y a pas de « concurrence » à ce niveau, ce qui fait que forcément le théâtre est mourant.

Donc le théâtre Sénégalais est malade ?

Il agonise parce qu'un malade on le guérit. Non je le répète le théâtre est mourant. Et si on n'y prend garde, dans quelques temps nous allons tous aller vendre du poisson ou autre chose (Rires).

Quelles sont les solutions, s'il y a réellement une politique culturelle, particulièrement pour le théâtre ?

Souvent on nous dit : « vous n'êtes pas organisés. C'est un faux débat. Désolé pour ceux qui le disent, mais nous sommes très bien organisés. Je côtoie des compagnies du monde entier et je sais que nous sommes très structurés de ce point de vue là. Nous sommes des professionnels et nous faisons du bon travail. Le problème est ailleurs : dans tous les pays du monde, le théâtre est subventionné. Pourquoi dans ce pays on subventionne les écrivains à hauteur de 500 millions, la presse, le cinéma au même niveau etc... tout le monde sauf une tranche d'artistes dont les comédiens et leurs compagnies. C'est connu le théâtre n'est pas rentable. C'est comme le football où on met des milliards depuis des années sans résultats. Mais nous nous gagnons. Nous sommes des Sénégalais qui gagnent comme dirait le président Wade. Et nous l'avons prouvé. Mais rien ne suit. Nous recevons quelques subsides de temps à autre pour une manifestation ponctuelle et ça s'arrête là. Ce que nous avons envie de voir au Sénégal, c'est comme ce qui se passe au Burkina où la culture rayonne dans le monde entier parce qu'il y a un dynamisme impulsé par l'Etat et où les artistes ont le cadre pour s'occuper de l'essentiel : créer ! Parce qu'il y a une vraie politique culturelle et le finances suivent. Nous ne demandons pas des centaines de millions mais un environnement favorable pour la création. Et il faut que l'on sache dans ce métier qui est professionnel et qui est amateur. Le véritable problème du théâtre Sénégalais se situe à ce niveau. Il y a un amalgame qui, quelque part arrange les autorités. Que l'on s'entende, je ne parle même pas de la formation dans une école. Un comédien formé sur le tas peut être un excellent professionnel. Les amateurs sont ceux qui ont un autre travail et qui à 18H se retrouvent pour faire du théâtre. Et on nous fait croire que ceux-là sont représentatifs du théâtre Sénégalais. Il y a un problème qu'il faut régler à ce niveau.

Pendant longtemps on a essayé de nous faire croire que le théâtre Sénégalais se limite à ce qui se fait à la télévision. Aujourd'hui ils ont envie de changer mais malheureusement ceux qui font du bon théâtre n'ont pas accès à la télé. C'est le revers de la médaille. Il faut des productions de qualité pour que les Sénégalais puissent avoir ce qui se fait de meilleur par les compatriotes et ce qui est au diapason du théâtre international. Les Ivoiriens et les Burkinabé font du théâtre et du cinéma qui est exportable parce que de qualité et qui est acheté par nos télévisions, alors que les produits Sénégalais actuels sont invendables à l'étranger.

Vous avez initié depuis quelques années le Festart (Festival International du théâtre pour la paix). C'est quoi le Festart et comment est-il né ?

Le Festart est une suite logique de la prolifération des compagnies privées, qui étaient très souvent invitées à jouer à l'étranger. Dans ces rendez-vous, nous nous étions rendu compte que le théâtre africain progressait et que nous nous étions un peu en retard par rapport aux autres pays. Nous avons cherché à comprendre les raisons de ce retard, alors que le théâtre sénégalais, il y a dix ans, vingt ans était en avance sur les autres. Nous avions dormi sur nos lauriers. Alors que les autres en organisant des rencontres internationales, faisaient pratiquement un bond qualitatif sur nous. Imaginez que dans un festival, dix des meilleures compagnies africaines viennent au Sénégal, se produisent pendant dix jours et que chaque compagnie joue deux ou trois fois ; au bout du compte le public Sénégalais aurait vu vingt à trente spectacles. Alors, sans des festivals de ce genre, on peut rester dix ans au Sénégal sans voir autant de pièces de qualité. Et tout le monde sait qu'en termes de formation de public et d'acteurs, il est essentiel que ce qui se fait à l'extérieur soit vu ici et inversement. C'est ainsi que nous avons créé ce festival pour montrer ce qui se fait de mieux au niveau continental et ainsi jauger notre niveau de progression. Nous préparons la 5éme édition du Festart, malheureusement dans un contexte où la plupart des jeunes compagnies ont disparu. C'est la croix et la bannière.

Etes-vous soutenus par l'Etat pour l'organisation de ce festival ?

Oui pour le festival, l'Etat nous a toujours soutenu à hauteur de deux, trois, maximum cinq millions. Mais ça c'est le travail de feu Sékou Cissé qui était Directeur des Arts, qui avait cru au projet dès le début, et qui s'est battu pour que ce festival existe. C'est grâce à lui que nous avons eu la première subvention. C'est l'occasion de lui rendre un grand hommage.

Comment se portent les « Gueules tapées » ?

Les « Gueules tapées » se portent bien, surtout cette année. Il y a des années où nous étions complètement découragés, où j'avais envie de jeter l'éponge et d'aller monnayer mon talent ailleurs, et Dieu sait que je peux le faire. Et des gens me demandent : « pourquoi tu restes au Sénégal ? ». C'est une vielle histoire, une histoire particulière avec le Sénégal. J'ai envie de rester et je vais continuer à rester. J'aime mon pays. Comme disait l'autre : « mon pays ne m'aime pas autant que je l'aime » (Rires). Nous avons fait deux créations cette année, une création que nous avons reprise : « Le clan du destin » (un jeu de mots avec CLANDESTIN) et qui parle d'immigration clandestine, que nous avons joué trois fois à Sorano. Ensuite nous avons joué la fameuse pièce de Wolé Soyinka : « La mort et l'écuyer du Roi » dans le cadre de la Biennale à Sorano. Et la Présidence de la République nous a appuyés dans ce projet. Donc « Les Gueules Tapées » se portent bien malgré les difficultés. Nous avons représenté le Sénégal au Festival de la Guinée (Conakry) avec succès, ce qui nous a ouvert une autre possibilité de tournée en Novembre/Décembre dans cinq ou six pays de la sous-région et en Afrique Centrale autour de la pièce « Le clan du destin ».

As-tu un coup de gueule à pousser ?

Ah oui ! C'est la fermeture de l'Ecole des Arts. Nous avons été formés et encadrés dans cette école par des professeurs comme Mamadou Diop, Abdou Ndiéguéne, Moustapha Mbaye. Et c'est grâce à ce travail que nous sommes devenus des hommes de théâtre et des professionnels. Ils se sont battus en 1990 pour que l'école qui était fermée réouvre ses portes. Et aujourd'hui l'histoire se répète, l'école est fermée depuis 2001 / 2002. Parce qu'il y a un travail préalable à faire : si les élèves qui vont à cette école se rendent compte qu'après leur formation, il n'y a rien, il est évident qu'il n'y a pas d'émulation. C'est exactement ce qui se passe. Personne ne voulait s'inscrire dans cette filière, parce qu'il n'y a pas d'avenir au bout et cela dure depuis cinq ou six ans. Une réforme a été initiée qui tend à faire de l'Ecole des Arts un Institut Supérieur. Le décret est dans le circuit administratif. Mais en attendant il y a des jeunes, pas beaucoup, mais qui veulent être formés. Il faut qu'on arrête de nous seriner que le théâtre Sénégalais est le meilleur d'Afrique. Ce n'est pas vrai. Je suis désolé, j'ai fait presque tous les plateaux en Afrique, je sais que le Burkina est en avance sur nous, sur beaucoup de choses, simplement parce qu'il a une politique digne de ce nom qui crée un engouement pour le théâtre et le travail bien fait. Je peux prendre également l'exemple du Bénin, où l'Etat octroie 200 millions de FCFA pour le festival et le théâtre. C'est le plus grand festival en Afrique. Et le Conseil d'Administration de ce festival est géré par les artistes. Voilà un exemple à multiplier en Afrique.

Quel est ton projet immédiat ?

Je cherche les moyens pour faire du prochain Festart l'un des plus grands événements médiatiques avec des amis étrangers et des partenaires. Et il me tient à cœur d'inviter Wole Soyinka à Dakar pour que sa pièce « La mort et l'écuyer du Roi » soit jouée devant lui. Une façon de rendre un hommage à la hauteur de l'image d'un des plus grands dramaturges du monde qu'il est. Je voudrais également que Jamel Debouze l'excellent et humoriste comédien Français soit parmi nous. N'oublions pas que Wolé Soyinka, Prix Nobel de littérature est un des nôtres et que Festart veut dire Festival International du Théâtre pour la Paix. Tout un symbole !

Mama wane, source Le sentinelle 

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12 juillet 2008 6 12 /07 /juillet /2008 15:21
Le théâtre privé au Sénégal


Recherche seconde respiration désespérément




Oumar NDAO
Professeur de lettre à l'université Cheikh Anta DIOP, Dramaturge, metteur en scène



Le théâtre va mal au Sénégal. Très mal. Des pièces dont les qualités artistique et littéraire laissent à désirer, un public complètement démotivé, des moyens qui ne suivent pas... autant de facteurs qui ont plongé le théâtre dans ce qu’on peut appeler un coma profond. Oumar Ndao nous retrace l’histoire et la décadence vertigineuse de ce secteur à l’agonie...

L'aventure du théâtre privé au Sénégal peut difficilement être déliée de l'odyssée du théâtre dit officiel. La première précaution à prendre serait de délimiter les domaines de définition de ces différentes formes d'expression et de représentation. Pour aller vite, disons que le théâtre de type occidental, joué sur une scène à l'italienne qui est de configuration frontale, naît avec les fêtes de l'Ecole Normale William Ponty de Sébikotane. Les cadres africains de l'Afrique Occidentale Française, formés dans ce temple de l'éducation coloniale, étaient astreints de rentrer de leurs vacances dans leurs pays respectifs avec des productions artistiques qui donnaient à voir une part de leur patrimoine culturel, particulièrement dans le domaine de la danse et de la musique traditionnelles. Ces "devoirs de vacances" étaient restitués à l'occasion d'une fête solennelle et ils étaient portés à la scène sous la forme de pièces de théâtre.

Plus tard, avec l'avènement des indépendances et le besoin de faire face aux exigences du futur Festival Mondial des Arts Nègres de 1966, le Président Senghor engagea la formation des hommes de la scène dans le cadre de l'Ecole des Arts, en même temps qu'était entamée la construction de ce qui allait devenir le Théâtre National Daniel Sorano sur un terrain qui appartenait à la Cathédrale de Dakar; c'était un terrain vague sur lequel les enfants du Plateau roulaient leurs ballons et qu'ils appelaient "Terrain Cathé" (!!).

Quand le Théâtre Sorano fut inauguré en Juillet 1965 (on y joua d'abord "La Fille des Dieux" de Abdou Anta Kâ), les premiers sortants de l'Ecole des Arts tinrent les premiers rôles. Quelques promotions furent absorbées par le Théâtre National mais ces offres de recrutement atteignirent bien vite leurs limites. La promotion de 1969 dut ainsi, sous la direction de leur professeur Robert Fontaine, former une troupe privée, en attendant que le Théâtre National leur ouvre ses portes. Cette troupe s'appelait "Les Tréteaux Sénégalais". Elle fit une tournée dans les établissements scolaires du Sénégal, y donnant des représentations de pièces du répertoire classique français. Ces élèves usèrent de ruse avec le pouvoir: ils entreprirent de créer Chaka, le fameux poème épique de celui qui présidait alors aux destinées du Sénégal. Senghor mit la main à la poche et leur octroya une subvention de deux millions CFA à laquelle le tout nouveau Premier Ministre d'alors, Abdou Diouf, ajouta un million et demi. Pour l'époque cette rondelette somme était plus qu'une fortune.

Pris dans l'ivresse de la Révolte de 1968, les jeunes pensionnaires des "Tréteaux Sénégalais" rendirent hommage à Nelson Mandéla et à la lutte contre l'Apartheid en jouant "Le Train de la Liberté" accolé à une représentation de "La Décision" (une pièce de Cheik Aliou Ndao). L'expérience s'étendit jusqu'en 1979, sous la direction du comédien, chorégraphe et metteur en scène, Mamdou Diop: la troupe fut minée par des conflits intérieurs, notamment des querelles d'argent. Une autre promotion de l'Ecole des Arts prit la relève et cette seconde troupe était dénommée "Le Nouveau Toucan", se voulant certainement héritière du "Toucan" qui avait existé à Paris. Profitant des débuts de la Télévision au Sénégal (inaugurée avec les Jeux Olympiques de Munich), "Le Nouveau Toucan" eut une aura plus grande que son aînée mais également et hélas! une vie beaucoup plus courte. Ses membres se dispersèrent aux quatre coins du monde.

Au début des années 90, la culture subit les contrecoups des nouvelles dispositions économiques. Elle ne fut plus considérée comme un secteur vital qui méritait qu'on en fît un des domaines de concentration de l'aide. La réorientation des axes de coopération avec la France depuis le Discours de la Baule, les plans d'ajustement structurel, la dévaluation du franc CFA, la stratégie du "Moins d'Etat, mieux d'Etat" et les différents processus de la désenghorisation finirent par réduire le Ministère de la Culture à une abstraction insignifiante. Dans ce vide, s'installèrent le Centre Culturel Français et son bras financier, La Mission Française de Coopération et d'Action Culturelle. Ce mouvement était étendu à tous les pays d'Afrique francophone. S'opéra alors un maillage du Continent avec des pôles artistiques contrôlés par la France: la photo à Bamako ("Le Mois de la Photo"), les arts plastiques au Sénégal ("La Biennale de Dakar"), la danse à Madagascar, le cinéma au FESPACO de Ouagadougou, le théâtre et la musique au MASA d'Abidjan... D'autres micro festivals de théâtre s'implantèrent dans quelques capitales africaines, sous l'égide des Centres Culturels Français. Qui paie commande: c'est ainsi que l'esthétique du théâtre africain francophone dût se conformer au bon goût des Directeurs de ces centres.

A Dakar, des troupes comme "Pétaw" de Awa Sène Sarr, "Les Ateliers de Kocc" dirigés par Moussa Sène Absa et le "Faro Théâtre" furent soutenues par la Coopération française. Elles connurent des fortunes diverses. Entre 1992 et 1994, elles purent montrer leurs créations dans les Alliances françaises et les exporter vers les pôles africains mis en place par la France. Avec la réouverture de la section "Art dramatique" de l'Ecole des Arts (qui avait été fermée pendant dix ans dans le contexte de la désenghorisation) plusieurs promotions furent soutenues par la coopération belge et elles reprirent la tradition des troupes privées formées par des élèves-comédiens: "Les Gueules Tapées", d'abord, ensuite "Les Sept Kouss" (qui comptait en son sein Kader "Pichinini"), le "Wax Taac" et enfin le "Théâtre de la Rue". De ces troupes, seule celle des "Gueules Tapées" aura survécu après s'être libérée de l'emprise de la coopération belge. Sous la conduite de Macodou Mbengue, elle continue d'offrir des pièces comme La Terre com...promise, la mort et l'écuyer du roi de wole soyinka ou Le Clan du Destin (sur le thème de l'émigration clandestine). En plus, elle a pris l'initiative de créer le "Festival de Théâtre pour la Paix" dénommé FESTART qui réunit tous les deux ans, au Sénégal, l'élite des troupes africaines et quelques participants européens.

Au total, la situation du théâtre privé est bien lamentable. L'Ecole des Arts peine à avoir des candidats pour la réouverture de sa section "Art dramatique". Les subventions ne proviennent que du Programme de Soutien à l'Action Culturelle (PSAC - Union Européenne) dont les procédures découragent les plus téméraires. Le Fonds d'Aide aux Artistes et au Développement Culturel d'un montant de cent cinquante millions de francs CFA ne parvient pas à satisfaire toutes les demandes provenant de tous les domaines artistiques. Une profonde désaffection du public qui préfère se laisser ravir par les fameuses "dramatiques" de la télévision, la paupérisation des populations qui n'osent plus s'offrir une sortie au théâtre, la léthargie du Théâtre National au regard des grosses productions auxquelles elle avait habitué le public, la faiblesse de la production littéraire en langue française, la saturation due à l'enchaînement vertigineux de pièces historiques (dont les auteurs n'ont pas tous les qualités de Cheik Aliou Ndao), sont quelques facteurs qui ont conduit au coma du théâtre au Sénégal, du théâtre officiel qui était la locomotive, du théâtre privé qui cherche désespérément une seconde respiration.

Arts scéniques / Théâtre par Oumar Ndao
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Festival International Théâtre pour la Paix - dans Le Festival
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22 juin 2008 7 22 /06 /juin /2008 23:16
dossier de spectacle

La mort et l'écuyer du roi : Tragédie au pays Yoruba


Les compagnies Gueules Tapées (Sénégal) Bivelas (Congo), et Graines de Soleil (France) ont interprété, le 14 mai dernier, sur les planches de Sorano, un classique du théâtre africain : La mort et l'écuyer du roi du Prix Nobel nigérian Wolé Soyinka. Une tragédie coloniale qui plonge dans la métaphysique Yoruba.


 

 


Interpréter Soyinka dans l'es
prit et dans le texte est un défi, un pari risqué. Surtout pour des artistes relativement jeunes. Car le Prix Nobel est connu pour la densité de sa prose, la hauteur de son verbe. Et La mort et l'écuyer du roi, c'est du Soyinka tout craché. On y retrouve toutes les recettes et le génie du dramaturge nigérian : des paraboles à foison, de la mystique Yoruba, l'absurdité de l'esprit colonial, l'incohérence des cultures indigènes. Au pays Oyo, une étrange coutume veut que la mort du roi soit suivie, trente jours après, par celles de son cheval, son chien. Jusque-là rien de vraiment inhumain. Mais jamais suffisamment cruelle, la tradition exige aussi que le garçon d'écurie, le pauvre Elesin, subisse le même sort que le bétail royal. Histoire,dit-on, de soulager l'âme du souverain et de l'accompagner gentiment au royaume des Morts.


Imbu de sa conscience toute coloniale Mr Pilkings, l'administrateur, et incarnation du bon sens, entend empêcher le crime rituel. Il coffre l'écuyer et le place sous haute surveillance policière. Qu'on l'accuse de profanation, de mépris à la culture locale, il est convaincu de porter secours à une personne prête à se donner la mort, sous prétexte de perpétuer la tradition de ses pères. Elesin a beau crier ‘laisser moi sortir accomplir mon devoir', le colon n'y voit là qu'un avatar d'une ‘coutume bâtarde'.


Olundé, le fils du brave écuyer, est sans doute le dernier esprit éclairé dans cette contrée ‘barbare'. Jeune cultivé, frais émoulu de l'école britannique, il est rentré du pays dès qu'il a appris la mort du roi. Mais quatre ans passés à étudier la science du Blanc, et l'éloignement n'ont pas suffi à lui gommer les croyances originelles. Il reste le plus zélé défenseur de la coutume indigène, honnit son géniteur de ‘retarder le passage du roi' et méprise le fantôme blanc, blasphémateur obstiné. ‘Vous n'avez aucun respect pour ce que vous ne connaissez', balance Olundé à l'administrateur sur un ton qui trahit un règlement de comptes coloniaux. C'est connu : la tradition est coriace. Il faut que la destinée s'accomplisse. La pièce bascule immanquablement dans une double tragédie. Pour guider l'âme de Sa Majesté au royaume des cadavres, père et fils y laisseront la vie. Mêmes morts, les rois restent tyranniques !


Le drame surréaliste s'inspire de faits réels, qui eurent lieu en 1946 à Oyo, une cité du pays Yoruba, dans l'actuel Nigeria. Le texte de Soyinka est tour à tour cocasse, émouvant, révoltant et instructif. Les dialogues des comédiens sont truffés de paraboles, de sagesse et de bêtises africaines.


Les compagnies Les Gueules Tapées (Sénégal) Bivelas (Congo Brazza) et Graines de Soleil (France) ont eu l'intelligence de saisir l'essence de la pièce, en évitant de s'encombrer d'artifices superflus. Le décor est sobre, les costumes recherchés sans faire dans le ‘copier-coller'. La musique plutôt contextuelle. Même si, on peut déplorer quelques inutiles longueurs dans une mise en scène globalement réussie.

La pièce a été interprétée le 14 mai dernier au Théâtre national Daniel Sorano, dans le cadre des activités ‘annexes' de la huitième Biennale de l'art africain contemporain (Dak'art).

Soure : Soleil / Abdou Rahmane MBENGUE

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Festival International Théâtre pour la Paix - dans La Compagnie
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4 juin 2008 3 04 /06 /juin /2008 01:40
                     FEST’ART 2009                  

La sélection officielle nationale et internationale des groupes artistiques de théâtre désireux de participer à la prochaine édition du FEST’ART Festival International Théâtre pour la Paix est ouverte

Du 13 au 20 mai 2009, se tiendra au Sénégal, la 5ème édition du Festival International Théâtre Pour La Paix. Les groupes artistiques de théâtre, candidats à la sélection officielle, doivent déposer leur dossier de candidature à la direction du FEST'ART.

LES CRITERES
Sont sélectionnables les gro
upes artistiques résidants en Afrique qui seront entièrement ou partiellement pris en charge et les groupes artistiques résidents en Europe, en Amérique, en Asie, aux caraïbes ou autres en partenariat avec la coopération de leur pays.

  1. Originalité de la création, par le montage d'une nouvelle pièce ou par la réappropriation originale d'une pièce du répertoire.
  2. Recherche d'un nouveau langage artistique au niveau de la mise en scène, de la dramaturgie, de la scénographie.
  3. Production aboutie, achevée, plutôt qu'un travail encore en chantier.
  4. Groupe artistique relativement peu nombreux (8 au plus), en vue de faciliter la diffusion.
  5. Décors et accessoires peu encombrants et peu lourds
  6. Professionnalisme (maîtrise du métier) des metteurs en scène, chorégraphes, musiciens, comédiens, danseurs, techniciens (son et éclairage) et des gestionnaires de groupes.
Les groupes artistiques qui ont pris connaissance des critères de sélection et pensent les remplir, doivent faire parvenir à la Direction du FEST'ART un dossier complet fournissant les informations suivantes sur le groupe artistique et le spectacle présenté :

Une Fiche de distribution du groupe artistique (nom et prénom de chaque artiste). Auteur, metteur en scène, date de création, durée et résumé de l'œuvre théâtrale et la note de mise en scène.

Historique du groupe, en précisant La date de création, le parcours des artistes et techniciens.
La fiche technique comportant toutes les données techniques du spectacle (dimension du plateau, plan de lumière, régie son, décor, etc.) s'il y'a lieu

LES DELAIS
Le dossier complet doit parvenir au FEST'ART au plus tard, le 30 novembre 2008, pour les Compagnies étrangères (Afrique, Europe, caraïbes et autres) il serait souhaitable que les spectacles proposés soient vus par au moins un membre du comité de sélection. Donc prière de préciser votre calendrier de tournée. Pour les groupes sénégalais, la sélection se fera au mois de janvier sous forme d'audition.

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Festival International Théâtre pour la Paix - dans Le Festival
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26 mai 2008 1 26 /05 /mai /2008 03:10

L'association  FEST'ART qui organise le Festival International Théâtre pour la Paix qui se déroule tous les mois de mai en années impaires, a initié aussi  dans son volet formation, un atelier annuel qui se déroule à partir de la première semaine ouvrable du mois de janvier jusqu'au 27 mars, coïncidant avec la journée mondiale du théâtre qui sert de cadre de restitution aux travaux des stagiaires.   

Voici un film réalisé dans le cadre de ses ateliers

 



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Festival International Théâtre pour la Paix - dans Le Festival
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18 mai 2008 7 18 /05 /mai /2008 04:41
Ce film participe à la sensibilisation aux  abus et exploitations sexuels
 
Bientôt sur les écrans


Que vous le sachiez ou non, quelqu'un de votre entourage a un jour été victime d'abus sexuel. Et avec un peu plus d'attention
vous vous apercevrez rapidement que les difficultés d'un certain nombre de personnes trouvent là leur origine. Pour ces hommes et ces femmes meurtris, il yaura toujours un «avant »et un « après » l'abus.


Notre société préfère souvent connaître ce problème, en atténuer la gravité, voire le nier totalement. Ou alors, plein de bonne volonté mais aussi d'incompétence, on propose aux victimes des « solutions» qui ne font qu'aggraver le traumatisme subi.

Le FEST'ART en partenariat avec avenir de l'Enfant bientôt sur le écrans
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Festival International Théâtre pour la Paix - dans Le Festival
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17 mai 2008 6 17 /05 /mai /2008 19:39
Festival de théâtre
Les sénégalais impressionnent le public du Centre Culturel Franco-Guinéen !

   Dossier de spectacle à télécharger

La compagnie "les Gueules Tapées" du Sénégal a fait forte impression devant des centaines de spectateurs, le mercredi 27 février 2008 à 17 heures au centre culturel franco guinéen

Ce, à l'occasion de la sixième édition consécutive du festival international de théâtre. C'était beau à vivre!

C'est avec beaucoup de maîtrise et d'aisance que la   compagnie "les Gueules Tapées" du Sénégal a présenté la pièce "clan du destin" sur la grande scène du centre culturel franco guinéen. La mise en scène, le jeu des acteurs, le décor et autres ingrédients étaient réunis pour une bonne représentation. Le thème de cette oeuvre dramatique démontrait et dénonçait cette immigration clandestine auquelle de nombreux jeunes

africains se livrent chaque jour. D'où certains payent le
prix de leur vie pour rejoindre l'Europe qu'il considère comme l'Eldorado. Chose qui n'est pas évidente de nos jours.

A signaler que "clan du destin" interprêtée par la compagnie "les Gueules Tapées" du Sénégal a marqué les esprits des organisateurs et surtout celui des étudiants de l'Institut Supérieur des Arts de Guinée (ISAG) qui ont fait un déplacement massif à ce festival. Le pays de Me Abdoulaye Wade vient de confirmer une fois de plus, tout le bien que l'on parle de lui dans le domaine du théâtre. Nombreux sont les étudiants de la filière interprètation de l'ISAG qui se demandent à quand leur tour.

Aly Léno : Dépuis Conakry pour la radio-kankan


Le Clan du destin Prochainement en tournée en Afrique 

  • Mi-octobre Mauritanie (à confirmer )
  • du 21 au 28 octobre 2008 FITAP Togo (confirmé)
  • du 29 octobre au 2 novembre 2008 Bénin (à confirmer)
  • du 3 au 10 novembre au FIADPUP, Tchad (à confirmer )
  • du 18 au 24 novembre 2008 RETIC,Cameroun (confirmé)
  • 1er au 7 décembre 208 Réalités au Mali (confirmé)
  • 7 au 14 décembre 2008 JOUTHEC au Congo( confirmé)




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17 mai 2008 6 17 /05 /mai /2008 15:19
"Les Gueules Tapées" tiennent en haleine leur public (Galerie photos)

Après deux mois d'intense travail, la Compagnie Les Gueules Tapées, en coproduction avec les graines du Soleil de la France et les Buvelas du Congo, a joué pour la première fois en spectacle : "La mort et l'écuyer du Roi".

Par la danse et les chants wolof, mandingue, lingala,... le metteur en scène, Macodou Mbengue, a réussi un parfait mélange de la culture africaine pour bâtir sa mise en scène. "La mort et l'écuyer du Roi" qui est pourtant l'une des mises en scène les plus compliquées, a été bien portée par les comédiens. Des professionnels pour la plupart, ils ont su donner le meilleur d'eux. Notamment les danseurs et la chanteuse, qui montaient pour la première fois sur des planches.

Très satisfait, le public, venu nombreux, ne cessait d'applaudir. Monté sur un style simple, mais très cohérent, le spectacle a tenu en haleine son audience. Très accroché, le public était presque surpris par la fin de la représentation. La salle pleine a mis du temps à se désemplir. Aussitôt après, les coulisses sont prises d'assaut par les admirateurs venus féliciter les artistes. Ceux-ci ont eu du mal à rejoindre leur loge, retenus entre parents, amis et admirateurs.

"La mort et l'écuyer du Roi" a été montée dans un contexte typiquement africain. Écrite par Wolé Soyinka, inspiré par un fait réel qui s'est déroulé au Nigeria en 1946, l'histoire est située dans le contexte de la culture Yorouba.


D. Batoumaï Hortence

Source : La sentinelle nouvel hebdomadaire au sénégal

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11 mai 2008 7 11 /05 /mai /2008 15:00
Le Théâtre Daniel Sorano accueille, le 14 mai, la première de La mort et l'écuyer du roi. Les Gueules tapées, associées à la compagnie Les Bivelas du Congo Brazza, rendent hommage à l'auteur de la pièce, le Nigérian Wolé Soyinka.

La mort et l'écuyer du roi met en scène une histoire survenue en milieu Yoruba en 1946. Tirée du classique du dramaturge nigérian Wolé Soyinka, la pièce revient sur la confrontation entre l'administration coloniale et des Africains. Comme le veut une coutume locale, l'écuyer du roi, son cheval et son chien doivent être tués 30 jours après la mort du souverain, pour le guider au royaume des morts. La scène est jugée barbare par les Colons qui s'y opposent. La mort et l'écuyer du roi, confronte ainsi deux cultures : celle moderne incarnée par les Occidentaux contre celle traditionnelle défendue par les Yorubas.

Cette histoire est jugée intéressante par le metteur en scène, Macodou Mbengue, qui l'a adaptée. ‘Ce qui a facilité mon travail', a-t-il fait savoir, hier au centre culturel Blaise Senghor. ‘C'est un récit assez cocasse et fascinant', remarque-t-il. Il a essayé de s'adapter par ‘des mots et gestes' au contexte culturel de la pièce. ‘J'ai fait le parallélisme entre ma culture wolof ou peulh du Sénégal à celle Yoruba', explique le metteur en scène.

Comédien congolais, Pierre Claver Mabiala, qui a trouvé difficile à adapter certains passages, pour la plupart des proverbes, espère toutefois réussir à ressortir dans le jeu le message à transmettre.

Et pour la première fois, selon lui, il a travaillé avec des musiciens et des danseurs. La mort et l'écuyer du roi, qui met en scène 14 personnes dont dix comédiens, sera du ‘théâtre total', selon les créateurs. Car il y aura des rites, des chants, de la danse, du balafon.

La première de cette dernière création, répétée pendant deux mois et demi, sera présentée le mercredi 14 mai au Théâtre Daniel Sorano. Cette fois-ci, les comédiens sénégalais ne seront pas seuls. La compagnie Les Bivelas du Congo Brazza partagera la scène avec les Gueules tapées. Les deux formations qui travaillent ensemble pour la première fois, avaient débuté leur collaboration en 2006.

Inscrite dans le programme annexe de la huitième Biennale de l'art africain contemporain (Dak'art 2008), la pièce sera un prétexte pour rendre hommage au dramaturge et Prix Nobel nigérian, Wolé Soyinka.

Fatou K. SEN
E Source: Walfadjri
Vendredi 09 Mai 2008

Merci aux partenaires de tous les jours :
La Prèsidence de la République du sénégal
La Fondation Sonatel, Le Centre Culturel Blaise Senghor Le Théâtre National daniel Sorano, L'Imprimerie SAM , Le Ministère de la Culture du Sénégal, Le FEST'ART (Festival International Théâtre pour la Paix

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4 décembre 2007 2 04 /12 /décembre /2007 20:24

Bonne et Heureuse Année

À tous ceux qui n'ont rien dans les bras, que les battements tristes et gratuits dont les yeux brillent de toutes les larmes retenues, dont le front résonne de coups atroces et silencieux. Dont les paroles ne traduisent plus les pensées parce que ces pensées sont douloureuses.

Bonne et Heureuse Année

À tous ceux dont les actes ne sont plus que des symboles, dont les attitudes sont pétries de courage; qui redressent le dos pour cacher leur peine, qui marchent seul pour marcher droit… mais qui marchent.

Bonne et Heureuse Année

À tous les humains brisés, à tous ceux qui ne font pas ce qu'ils aiment et à tous ceux qui aiment ce qu'ils ne disent pas. À tous ceux que vous frôlez le sachant bien et à tous ceux qui vous frôlent ne le sachant même pas.

Bonne et Heureuse Année

À tous ceux qui portent en eux blessures vraies, un immense néant fait de tous les arrachements.

Bonne et Heureuse Année

À ceux dont c'est la dernière et qui s'en doutent et à ceux dont c'est la dernière et qui ne s'en doutent pas à ceux qui n'ont pas la force d'y penser et à ceux qui ont la faiblesse de l'avouer. À ceux qui n'osent pas vous regarder parce que leur regard, peut-être, les trahiraient. Et qu’ils veulent garder pour eux seuls leur terrible secret.

Bonne et Heureuse Année

À ceux qui sourient pour voiler le chagrin de leur âme, badinent pour masquer la grimace de leur cœur, crient pour taire la panique de leurs yeux, jouent la comédie pour ne pas assombrir des vies.

Bonne et Heureuse Année

 à certains heureux aussi que j'oubliais, à ceux qui portent leur cœur, leur tête et leur âme, aussi légèrement qu'un poids d'hélium.

Bonne et Heureuse Année

à ceux que le plaisir égare et dont le sang charrie tout l'idéal car pour eux suffit l'apparence charnelle de la vie.

Bonne et Heureuse Année

Enfin à ceux qui possèdent le détachement de l'esprit et à ceux qui soignent les corps ou les âmes, à ceux dont le cœur bat généreusement et à ceux qui, luttant pour la justice, veulent établir le règne de la paix. À tous ceux qui sont purs dans leurs pensées et leur amour.

Bonne et Heureuse Année

À vous tous qui donnez un sens divin à l'humanité.


Mario Pelchat !

 

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