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Son Excellence Monsieur Le président de la République Maître Abdoulaye WADE en présence du Ministre de la Culture Monsieur Amadou Tidiane Wane Accueillant Le Directeur de la Cie les Gueules Tapées pour le sénégal qui gagne

La Présidence soutient Les Gueules Tapées
 
10 décembre 2006 7 10 /12 /décembre /2006 15:40

Le Clan du destin ou Mbëk mi


La compagnie « Les Gueules Tapées » a présenté, jeudi dernier à Sorano, la pièce intitulée « Le Clan du destin ou mbëk mi ». Mise en scène par Macodou Mbengue, la pièce évoque l’immigration clandestine autour de personnages échangeant leurs tranches de vie en attendant, au bord de l’océan, un hypothétique passeur. L’immigration clandestine représentée sur les planches. La démarche pouvait se révéler périlleuse et risquer de tomber dans le genre mélodramatique. Mais la difficulté a été heureusement contournée pour trouver le ton juste et les mots vrais exprimant le désespoir de deux hommes et d’une femme. Déterminés à aller vers cet ailleurs où ils croient pouvoir obtenir tout ce qui leur manque chez eux : un travail, une reconnaissance et une dignité. Par un jeu de mots et un échange sémantique, le titre de la pièce, « Le Clan du destin ou mbëk mi », fait déjà référence à la situation à laquelle sont confrontés les protagonistes. Camarades d’infortune, ils se retrouvent au bord de l’océan, attendant un hypothétique passeur. Ils font connaissance, se racontent leurs vies, mais surtout cherchent, ensemble, le moyen de partir. Ils croient l’avoir trouvé en voyant un prêtre, traînant derrière lui un cercueil. Ce quatrième personnage est venu attendre, pour sa part, que la mer rejette un des fils de son village, mort durant la traversée, comme d’innombrables autres victimes de l’immigration clandestine. Les candidats au départ, qui avaient d’abord pris le prêtre pour leur passeur et le cercueil pour la pirogue tant convoitée, s’aperçoivent de leur méprise. Le temps de se reprendre, par une formule humoristique, voire satirique, l’un d’entre eux décide et déclare : « cercueil, je te baptise pirogue ». Sur le même registre d’humour décalé, le personnage féminin adopte une attitude masculine jusqu’au moment où il abandonne son côté androgyne pour faire usage de sa féminité. Cherchant à séduire, pour endormir sa méfiance, le représentant de la loi, autre personnage de la pièce, qui veut les arrêter. A l’un de ses compagnons qui l’accuse de se prostituer, elle rétorque : « ce n’est pas de la prostitution, c’est de l’intégration ». Tout au long de la pièce, le drame est tourné en dérision. Alternant la gravité de la situation présentée avec des répliques et un jeu des comédiens suscitant les rires des spectateurs. Parce qu’ils arrivent à rire d’eux-mêmes, le public peut aussi rire avec eux. Bien décidés à tout faire pour servir leur dessein, les personnages vont même jusqu’à se débarrasser de leurs noms, comme ils se débarrassent du reste. Ils se nomment « moi », « toi » et « elle ». Parce que devenir un clandestin, c’est aussi dissimuler son identité, sa nationalité pour ne pas risquer le rapatriement. Gagner le plus de temps possible avant l’inéluctable retour à la case départ. Pour les survivants. Leurs passeports déchirés, leurs habits enlevés, le tout empilé au milieu de la scène ; ils se dépouillent de leur identité, de leur nationalité, peut-être de leur humanité, pour tenter de reconquérir une dignité. Ailleurs. Poussés par une volonté farouche de « partir sans se retourner », dit l’un des personnages. « On ne se retourne pas quand on marche sur la corde du rêve... ». Cependant, parmi toutes ces répliques puisées à partir de trois œuvres d’auteurs que sont : « Tu ne traverseras pas le détroit », de Salim Jay, « La réclusion solitaire », de Tahar Ben Jelloun et « Le ventre de l’Atlantique », de Fatou Diome, celle en wolof, la seule de la pièce, semble sonner encore plus juste. En abandonnant pour un instant le français pour sa langue maternelle, l’un des protagonistes résume tout le pourquoi de cette entreprise périlleuse. Un homme qui vit encore chez ses parents et qui supporte de plus en plus mal sa situation. Dans une société où l’échec ou la réussite d’un individu est directement imputable à la mère, avec le fameux « liggeyu ndèye ». Toute une pesanteur sociale qui constitue autant d’alibis pour des jeunes qui situent le bout du tunnel du côté de l’Occident. Une pièce à la mise en scène réussie et remarquablement interprétée par les comédiens Pierre Koudédé Seck, Roger Sambou, Anne-Marie D’Olivera, Ousseynou Bissichi et Sadibou Manga.


KARO DIAGNE source Soleil

Le Clan du Destin / MBêk mi (en Wolof )

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Les Gueules Tapées - dans La Compagnie
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